Sale temps pour les mouches. L’histoire prometteuse d’Ynsect, start-up française pionnière dans la filière de la protéine d’insectes, se transforme en un naufrage. Après avoir levé 600 millions d’euros et bénéficié d’un grand soutien institutionnel, l’entreprise n’a pas su trouver de modèle économique viable.
Ynsect : clap de fin pour la start-up française spécialisée dans les protéines d’insectes

Le 19 février 2025, Ynsect a officiellement demandé son placement en redressement judiciaire au tribunal de commerce d'Évry, faute d'avoir trouvé un repreneur.
Un modèle économique fragile et une industrialisation laborieuse
Revers pour Ynsect. Créée en 2011, et malgré son ascension ainsi que des levées de fonds successives s'élevant à près de 600 millions d'euros (570 millions d'euros), la start-up française n'a jamais atteint la rentabilité espérée. La production de protéines d'insectes, bien que novatrice, s'est heurtée à des coûts d'exploitation élevés et à une demande bien plus timide que prévu. L'usine de Poulainville, censée devenir le fer de lance de l'entreprise, a connu des retards importants qui ont freiné sa production et obéré ses chances d'équilibre financier.
D'autre part, longtemps soutenue par des fonds convaincus du potentiel de l’agritech, Ynsect a vu les financements se tarir, notamment du fait de l'explosion de l’intelligence artificielle, considérée comme bien plus porteuse. « C’est compliqué de trouver de l’argent quand on est une start-up industrielle », a tenu à souligner un porte-parole de Ynsect à nos confrères de France 3 Régions.
240 emplois menacés
Ynsect n’est pas un cas isolé. Son concurrent toulousain, Agronutris, a lui aussi dû déposer une demande de sauvegarde au mois de janvier 2025. Si les protéines d’insectes ont longtemps été présentées comme une solution d’avenir, leur adoption par les consommateurs, et les agro-industriels reste très limitée.
L'avenir d'Ynsect repose sur une hypothétique reprise. Plusieurs acteurs de l'industrie agroalimentaire, dont Nestlé et Mars, avaient été annoncés comme potentiels repreneurs, mais aucune offre n'a été déposée avant la date butoir du 17 février 2025. Plus de 200 employés sont concernés.