Voiture électrique : des chercheurs obtiennent un taux de recyclage record pour les batteries lithium-ion

Le 24 mars 2025, une équipe de chercheurs chinois a annoncé qu’ils étaient parvenus à un recyclage record des batteries lithium-ion, atteignant un taux de récupération de 99,99 %. Cette découverte pourrait améliorer grandement la gestion des déchets électroniques et l’approvisionnement en métaux rares.

Stephanie Haerts
Par Stéphanie Haerts Publié le 24 mars 2025 à 17h00
Voiture électrique : des chercheurs obtiennent un taux de recyclage record pour les batteries lithium-ion
Voiture électrique : des chercheurs obtiennent un taux de recyclage record pour les batteries lithium-ion - © Economie Matin

Des micro-batteries pour déstructurer les matériaux

Les chercheurs de l’Université Centrale du Sud à Changsha, en collaboration avec l’Université Normale de Guizhou et le Centre National de Recherche en Ingénierie des Matériaux de Stockage d’Énergie Avancés, ont développé une méthode de recyclage des batteries lithium-ion. Cette technique repose sur l'utilisation de micro-batteries pour déstructurer les matériaux cathodiques usagés, suivie d'une lixiviation neutre utilisant la glycine, un acide aminé naturel. Ce procédé permet de récupérer efficacement des métaux précieux tels que le lithium, le cobalt, le nickel et le manganèse.

La méthode mise au point par l'équipe chinoise se distingue par ses taux de récupération exceptionnels : 99,99 % pour le lithium, 96,8 % pour le nickel, 92,35 % pour le cobalt et 90,59 % pour le manganèse, le tout en seulement 15 minutes, peut-on lire sur le site Presse Citron. Contrairement aux procédés industriels actuels qui requièrent des acides forts et génèrent des sous-produits toxiques, cette méthode opère en milieu neutre, sans dégager de polluants.

Un procédé biomimétique à fort potentiel écologique

Ce qui rend cette avancée particulièrement fascinante, c’est l’usage de la glycine, un acide aminé naturellement présent dans le corps humain, comme agent chélateur. En se liant sélectivement aux ions métalliques, elle agit tel un « aimant biologique », ciblant uniquement les métaux précieux sans attaquer les autres composants. Ce recours à une substance douce et non toxique marque une rupture radicale avec les méthodes classiques utilisant des acides forts, polluants et dangereux à manipuler. En imitant certains mécanismes naturels de sélection chimique, ce procédé biomimétique ouvre la voie à des applications industrielles plus respectueuses de l’environnement. Il préfigure une nouvelle génération de technologies propres, où chimie verte et performance ne sont plus incompatibles.

Si cette technique s'avère viable à grande échelle, elle pourrait transformer en profondeur l'industrie du recyclage des batteries. Cependant, des phases de test supplémentaires sont nécessaires pour évaluer sa rentabilité et son efficacité en production massive. Bien que prometteuse, cette innovation ne supprimera pas entièrement la nécessité de l'extraction minière, mais pourrait en réduire l'impact environnemental.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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