Trump : l’Europe dans le viseur des droits de douane

Après avoir imposé des taxes douanières sur le Mexique, le Canada et la Chine, Donald Trump menace désormais l’Europe de nouvelles mesures de protection commerciale. L’UE, accusée de profiter des déséquilibres commerciaux au détriment des États-Unis, pourrait voir certains produits stratégiques lourdement taxés. Cette offensive risque de perturber plusieurs secteurs économiques-clés, suscitant une vive réaction de Bruxelles et des leaders européens, qui se préparent à riposter fermement.

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Par Rédacteur Publié le 20 février 2025 à 4h00
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Trump : l’Europe dans le viseur des droits de douane - © Economie Matin
25%Donald Trump va appliquer des droits de douane de 25% sur l'acier et l'aluminium.

Une guerre commerciale déclarée

L’ombre des sanctions douanières s’étend désormais sur l’Europe. Après avoir lourdement taxé ses échanges avec le Mexique, le Canada et la Chine, le nouveau président des États-Unis Donald Trump s’attaque à un nouveau front : l’Union européenne. Lors d'une déclaration récente, il a laissé entendre que de nouveaux droits de douane seraient appliqués aux produits européens « très bientôt ».

Comme souvent, le président américain n’a pas mâché ses mots : « Est-ce que je vais imposer des droits de douane à l’Union européenne ? Absolument. L’UE nous a très mal traités », a-t-il ainsi affirmé. Cette menace s’accompagne d’une critique acerbe du déficit commercial que les États-Unis accusent à l’égard de l’Europe, estimé à 300 milliards de dollars. Donald Trump dénonce une situation où « ils ne prennent ni nos voitures ni nos produits agricoles », tandis que les États-Unis importent massivement des véhicules et des produits alimentaires européens. Cette offensive protectionniste cible des secteurs stratégiques.

Le secteur automobile dans l’œil du cyclone

En tête de liste, le secteur automobile est l’un des plus directement menacés par ces nouvelles taxes. « C’est l’un des secteurs les plus visés par les droits de douane et il faut ajouter à cela que beaucoup de constructeurs comme Stellantis ont fait des États-Unis un marché prioritaire », explique Christopher Dembik, conseiller en investissement chez Pictet AM.

Preuve de la réalité de cette menace, les actions des principaux constructeurs européens ont connu d’importantes chutes, dès l’annonce de la nouvelle : Renault a accusé un recul de 1,75 %, Mercedes de 3,94 % et Volkswagen de 5,13 %. Pour l’UE, qui exporte chaque année des millions de voitures vers les États-Unis, ce secteur représente un enjeu économique majeur. Des tarifs douaniers élevés nuiraient forcément à la compétitivité des modèles européens, dans un contexte de transition douloureuse vers l’électrique pour de nombreux géants du secteur, où la rentabilité des géants européens est déjà en berne.

La santé et l’agroalimentaire également sous pression

Mais les voitures ne sont pas les seules visées par cette offensive. Le secteur pharmaceutique pourrait également en subir les conséquences, puisque Donald Trump souhaite rapatrier la production de médicaments aux États-Unis, une mesure qui pourrait affecter les laboratoires européens bien implantés sur le marché américain.

En 2023, l’Union européenne a exporté, en tout, près de 503,8 milliards d'euros de biens vers les États-Unis. La France pourrait être particulièrement affectée par de nouvelles taxes sur ces produits, car les États-Unis sont son troisième partenaire commercial après l’Allemagne et l’Italie. Si ces menaces se concrétisent, l’impact sur l’économie française pourrait être conséquent. « L’Europe devra se faire respecter si elle est attaquée », a averti Emmanuel Macron, appelant à la fermeté face à cette montée du protectionnisme.

La réaction européenne s’organise. Si Bruxelles évoque la possibilité de riposter « fermement », le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, met en garde contre l’inefficacité d’un protectionnisme aveugle. Selon lui, « tout le monde est perdant » dans ce type de guerre commerciale. Si l’issue de cette confrontation reste incertaine, elle pourrait redessiner les contours des relations économiques transatlantiques, au détriment de la coopération commerciale. La balle semble désormais dans le camp de l’UE, qui se prépare à répondre à une série de menaces qui, si elles se concrétisent, pourraient affecter les échanges commerciaux mondiaux dans leur ensemble.

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