Selon la dernière publication d’Eurostat, les pays d’Europe ayant la plus forte proportion de salariés travaillant 49 heures ou plus par semaine sont l’Islande (13,5%), la Grèce (12,6%) et la France (10,2%).
Dans quels pays travaille-t-on le plus d’heures ?
La France, numéro trois du palmarès des pays où les salariés font le plus d’heures
Travailler beaucoup d’heures par semaine et faire des journées longues n’est pas l’apanage des pays en voie de développement. Comme le montre la dernière publication d’Eurostat, en moyenne européenne, 7,3% des salariés travaillent 49 heures par semaine ou plus. Alors, dans quels pays fait-on les journées les plus longues ? L'Islande trône en tête du classement européen avec 13,5% de sa population active travaillant plus de 49 heures par semaine, suivie par la Grèce (12,6%) et, fait surprenant, la France (10,2%). D'autres pays, tels que Chypre (9,7%), le Portugal (9,4%) et la Belgique (9,3%), connaissent également des pourcentages élevés de travailleurs faisant des semaines éreintantes.
A contrario, les pays qui enregistrent la plus faible proportion de salariés travaillant 49 heures par semaines ou plus sont la Bulgarie (0,7%), la Lituanie (0,8%), la Lettonie (1,3%), la Roumanie (2,2%), l’Estonie (2,2%), la Hongrie (2,6%), la Croatie (4,4%), Malte (4,5%) et la Norvège (4,9%).
L’exonération des heures supplémentaires favorise les longues journées de travail
Ces disparités trouvent leurs racines dans des facteurs culturels, économiques et sectoriels variés. Ainsi, l'importance accordée à la flexibilité ou aux traditions de travail dans chaque pays peut expliquer en partie ces écarts. En France, par exemple, beaucoup de patrons se sentent permis de ne pas rémunérer les heures supplémentaires.
Et quand elles sont payées, c’est l’exonération des heures supplémentaires qui fait que les salariés travaillent beaucoup d’heures. Suite au mouvement des Gilets Jaunes, dès 1er janvier 2019, les heures supplémentaires étaient exonérées de cotisations sociales et même d’impôt sur le revenu. Depuis le 1er janvier, le législateur a certes instauré un plafond d’exonération fiscale, de 7.500 euros, qui continue à s’appliquer aujourd’hui. Toujours est-il que les heures supplémentaires restent exonérées de cotisations sociales dans la limite de 11,31%. Dans les entreprises de moins de 249 salariés, les employeurs bénéficient par ailleurs d’une déduction forfaitaire des cotisations patronales à hauteur de 0,50 euro par heure supplémentaire. Dans cette situation, il n’est pas étonnant si les Français font des heures supplémentaires à gogo !