Après dix-neuf mois d’interruption, la ligne de train entre Paris et Milan rouvre. Ce retour très attendu fait suite à une série d’opérations techniques d’envergure, menées à la suite d’un événement survenu le 27 août 2023.
Train Paris-Milan : vous pouvez de nouveau emprunter la ligne

Depuis ce lundi 31 mars 2025, les rames à grande vitesse franchissent à nouveau les Alpes. Trois allers-retours quotidiens sont assurés par SNCF Voyageurs, tandis que Trenitalia, le concurrent italien implanté en France depuis 2021, propose deux rotations quotidiennes avec ses Frecciarossa.
Train Paris-Milan : une reprise qui change la donne pour les voyageurs entre France et Italie
Pour les consommateurs, cette reprise signifie la fin du parcours hybride et son segment en autocar, hérité des travaux. D’après la SNCF, ce dispositif de substitution affichait pourtant un taux de remplissage supérieur à 80 %. Mais le retour du train intégral ravive l’intérêt pour le rail, plus rapide, plus confortable, et moins polluant.
Les opérateurs comptent sur cette dynamique pour relancer la fréquentation. La région Auvergne-Rhône-Alpes a même dégainé des offres commerciales, comme un billet à 3 euros entre Chambéry et Modane, pour faire revenir les usagers sur les rails.
Un cataclysme en Maurienne : pourquoi la ligne Paris-Milan a-t-elle été fermée ?
Le 27 août 2023, un éboulement massif de 15 000 m³ a pulvérisé les espoirs de continuité ferroviaire. À La Praz, en vallée de Maurienne, des blocs entiers se sont effondrés sur la galerie ferroviaire, la route départementale RD1006 et l’autoroute A43. Trois voies, trois coups d’arrêt.
L’événement, qualifié par SNCF Réseau de « plus grand éboulement survenu sur une ligne depuis 1978 », a suspendu d’un coup les flux de voyageurs et de fret. Les conséquences ont été immédiates pour les usagers réguliers, contraints à recourir à la route ou à reporter leurs déplacements. Mais les répercussions se sont aussi faites sentir dans le monde du transport de marchandises.
Des travaux lourds mais nécessaires pour rouvrir la ligne Paris-Milan
La remise en état de la ligne n’a pas été immédiate. Les équipes mobilisées ont dû composer avec des conditions géographiques complexes et des aléas techniques imprévisibles. Le département de la Savoie a procédé à des purges et à la pose de dispositifs de sécurisation sur la falaise. SNCF Réseau, de son côté, a mené les interventions sur les installations ferroviaires.
L’usage de machines télécommandées s’est imposé dans les zones instables, et plusieurs phases ont été ajustées en cours de route à cause de cavités nouvellement détectées. En février 2025, les dernières opérations ont permis de vérifier les caténaires, les rails et les systèmes de signalisation.
Un chantier mené avec prudence, dans un souci de sécurité maximale pour les usagers comme pour les équipes sur place.
Un enjeu stratégique pour le fret et l’intégration européenne
Avant l’éboulement, la ligne Paris-Milan absorbait plus de 10 000 trains par an, dont 6 884 convois de fret. Ce corridor n’est pas un simple trait sur une carte : il incarne l’un des axes prioritaires du transport bas carbone entre France et Italie.
Pour Alexandre Gallo (DB Cargo), cette réouverture de ligne de trains est « extrêmement attendue », même si le fret ne repartira pas à plein régime avant 2026. En cause, notamment, la baisse d’activité du secteur automobile, autrefois gros client du rail via l’export des Fiat 500 électriques produites à Turin.
La reprise progressive du fret n’éclipse cependant pas l’importance de cette reconnexion stratégique, réclamée de longue date par les industriels et les acteurs de la transition énergétique.
Un retour sur les rails dans un contexte de concurrence accrue
Le trajet complet en train Paris-Milan s’effectue en 7 heures, avec passage par Chambéry et Turin. Les billets sont disponibles à la vente sur les plateformes des deux opérateurs. La reprise se fait dans un contexte de concurrence assumée : la SNCF et Trenitalia se partagent désormais cette liaison, chacun avec ses propres horaires, équipements et services à bord.
Ce retour de la liaison intégrale devrait redonner de l’élan à un axe européen majeur. Pour les passagers, cela se traduit par un choix plus large, des prix compétitifs et une desserte directe rétablie à travers les Alpes.