Tesla traverse une période difficile. Alors que l’entreprise d’Elon Musk dominait autrefois le marché des véhicules électriques, les chiffres des ventes révèlent une réalité bien plus inquiétante. Les ventes plongent à des niveaux alarmants, l’action s’effondre et même les dirigeants du groupe se débarrassent massivement de leurs actions. Ce qui semblait n’être qu’un ralentissement passager se transforme en crise majeure.
Tesla s’écroule en Bourse, les dirigeants vendent leurs actions

L’année 2025 démarre sous les pires auspices pour Tesla. Les ventes mondiales s’effondrent, notamment en Chine où le constructeur enregistre une chute de 49,2 % en février 2025, atteignant son niveau le plus bas depuis plus de deux ans. En Europe, la situation est encore plus dramatique avec une baisse généralisée dépassant les 45 % dans plusieurs pays clés comme l’Allemagne et la France. Sur les marchés financiers, l’action Tesla perd plus de 30 % de sa valeur depuis le début de l’année, suscitant l’inquiétude des investisseurs.
Face à cette tempête, certains des plus hauts dirigeants de la firme, dont Robyn Denholm, présidente du conseil d’administration, et Vaibhav Taneja, directeur financier, choisissent de vendre leurs actions en masse. Le message est sans équivoque : même en interne, la confiance en l’avenir du groupe vacille.
La chute des ventes de Tesla se confirment partout dans le monde
Les chiffres de Tesla en ce début d’année 2025 sont sans appel. En Chine, où la marque réalisait encore récemment une part significative de ses ventes mondiales, la baisse atteint 49,2 % en février, un niveau jamais observé depuis 2022. Alors que le marché chinois continue de croître, porté par des constructeurs locaux comme BYD qui enregistre une progression spectaculaire, Tesla peine à suivre la cadence et voit sa part de marché se réduire dangereusement. Cette chute brutale intervient après plusieurs mois d’incertitude, au cours desquels la firme a tenté de relancer la demande en multipliant les promotions, notamment avec des réductions directes sur les modèles existants et des offres de financement à taux zéro.
En Europe, la situation est encore plus préoccupante. L’Allemagne, qui fut longtemps un marché stratégique pour Tesla, enregistre une baisse de 71 % des ventes en seulement deux mois. La Norvège, historiquement un bastion des véhicules électriques, voit les immatriculations de Tesla plonger de 45 %. En France et en Espagne, les chiffres affichent une baisse similaire de 44 %, confirmant une tendance qui ne semble épargner aucun marché majeur.
Pays | Chute des ventes Tesla (janvier-février 2025) |
---|---|
Allemagne | -71 % |
Norvège | -45 % |
France | -44 % |
Espagne | -44 % |
Cette débâcle européenne contraste avec l’essor global du secteur des véhicules électriques, notamment en Chine où BYD affiche une croissance record de 161 % sur la même période, soit un doublement pur et simple de ses ventes. Loin d’être une crise sectorielle, la chute de Tesla apparaît comme un phénomène spécifique à la marque, révélant une fragilisation inquiétante de son modèle économique.
Tesla plonge en Bourse, la faute d’Elon Musk
La sanction des marchés financiers ne s’est pas fait attendre. Depuis janvier, l’action Tesla a perdu plus de 30 % de sa valeur, effaçant en quelques semaines les gains accumulés en fin d’année 2024. Plusieurs analystes, dont ceux de Baird, ont abaissé leurs objectifs de cours, accentuant la pression sur le titre. Cette dégringolade a des conséquences directes sur la fortune d’Elon Musk, qui a vu sa richesse personnelle diminuer de 116 milliards de dollars en quelques mois, 102 milliards depuis le début de l'année 2025 selon Bloomberg. Le 7 mars 2025 l’action Tesla s’échangeait à 263 dollars, contre plus de 479 en décembre 2024. La valeur a quasiment été divisée par deux, faisant tomber Tesla largement sous la barre symbolique des 1000 milliards de dollars de capitalisation, à 825 milliards.
L’une des principales raisons de cette panique boursière réside dans l’incapacité de Tesla à maintenir ses marges. Depuis plusieurs mois, l’entreprise multiplie les réductions de prix afin de stimuler la demande, mais sans parvenir à compenser cette stratégie par une baisse suffisante des coûts de production. Les marges brutes du constructeur ont chuté à un niveau historiquement bas de 13,59 % au dernier trimestre 2024, bien loin des 29,2 % affichés en 2021. Cette détérioration massive de la rentabilité inquiète les analystes, qui voient désormais en Tesla une entreprise contrainte de rogner sur ses profits pour éviter un effondrement plus brutal encore.
Des dirigeants qui vendent leurs actions : la confiance s’effrite
Au-delà de la chute des ventes et du plongeon en bourse, un autre signal vient confirmer la crise traversée par Tesla. Plusieurs cadres dirigeants du groupe ont récemment procédé à des ventes massives d’actions, un comportement qui traduit généralement une perte de confiance dans l’avenir de l’entreprise. Robyn Denholm, présidente du conseil d’administration, a cédé pour 33 millions de dollars d’actions Tesla, un mouvement inhabituel pour une dirigeante de ce rang. Vaibhav Taneja, directeur financier, a quant à lui vendu pour 1,78 million de dollars d’actions en mars 2025, après avoir déjà réalisé une vente de 718 111 dollars en janvier.
Ces décisions interrogent. Habituellement, les cadres dirigeants conservent leurs actions lorsqu’ils anticipent une reprise ou une croissance à venir. Le fait que ces ventes interviennent en pleine tourmente financière envoie un message préoccupant aux investisseurs. D’autant plus que ces ventes s’accompagnent d’une communication confuse de la part d’Elon Musk, qui continue de vanter les promesses de technologies futuristes telles que les taxis autonomes et les robots humanoïdes, sans apporter d’éléments concrets sur la rentabilité à court terme de ces projets.
Un modèle sous pression et un Musk affaibli
La crise actuelle que traverse Tesla ne peut être attribuée à un simple ralentissement passager. L’entreprise est confrontée à une pression croissante sur plusieurs fronts. La concurrence devient de plus en plus agressive, notamment en Chine où des acteurs comme BYD proposent des véhicules plus abordables et mieux adaptés aux attentes des consommateurs locaux. En Europe, les gouvernements modifient progressivement leurs politiques d’aides à l’achat de véhicules électriques, ce qui pénalise directement Tesla dont les prix restent élevés malgré les récentes baisses tarifaires.
De son côté, Elon Musk peine à rassurer. Son image publique semble aujourd’hui jouer en sa défaveur. Son implication dans des controverses politiques polarisantes, notamment son rapprochement avec certaines figures de l’extrême droite américaine ou encore allemande, et son salut nazihttps://www.politiquematin.fr/salut-nazi-elon-musk-investiture-trump, crée un malaise chez une partie des consommateurs qui se détournent progressivement de la marque.
Selon une analyse d’Axios, ces prises de position auraient un impact direct sur les ventes, Tesla souffrant désormais d’un rejet croissant de la part d’acheteurs sensibles aux orientations idéologiques de son fondateur.
Tesla peut-elle se relever ?
La marque conserve un capital d’image fort et bénéficie toujours d’une avance technologique significative sur certains segments. Cependant, les signaux envoyés en ce début d’année 2025 sont particulièrement préoccupants. La demande s’effondre, les marges se réduisent et les investisseurs s’interrogent sur la capacité du groupe à maintenir son rythme de croissance. Si Tesla ne parvient pas à redresser rapidement la barre, elle risque de perdre définitivement son statut de leader du marché des véhicules électriques.