Taxe foncière 2025 : balcons et terrasses vont-ils vraiment faire grimper la facture ?

La rumeur s’est répandue à grande vitesse, enflant au fil des partages et des titres alarmants. Mais derrière l’effet d’annonce, que révèle vraiment la réalité des chiffres et des textes officiels ? La taxe foncière 2025 cache-t-elle une nouvelle embuscade fiscale ?

Paolo Garoscio
Par Paolo Garoscio Publié le 1 avril 2025 à 7h00
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@shutter - © Economie Matin
1,7%La taxe foncière a été revalorisée de 1,7% en 2025.

Depuis le 26 mars 2025, la taxe foncière fait à nouveau la une des débats économiques et immobiliers. Une prétendue réforme fiscale a jeté le trouble : balcons, terrasses, extensions extérieures... Tout y serait désormais intégré dans le calcul de l’impôt foncier. Résultat : une flambée des inquiétudes, surtout dans un contexte déjà alourdi par l’inflation. Mais qu’en est-il réellement ? L’augmentation de la taxe foncière est-elle une fatalité pour 2025 ? L’administration fiscale impose-t-elle de nouvelles charges sur les logements comportant un espace extérieur ? Le ministère de l’Économie a tranché. Et pas de la manière que certains anticipaient.

Aucune réforme sur les balcons ou terrasses : Bercy dément catégoriquement une réforme de la taxe foncière

Contrairement à ce qu’annonçait le site spécialisé ABC Bourse, aucune évolution législative ni modification du mode de calcul de la taxe foncière n’a été actée concernant les balcons, terrasses ou loggias pour l’année 2025. Le ministère de l’Économie, plus précisément la Direction générale des finances publiques (DGFiP), a publié plusieurs démentis formels. Dans un communiqué relayé par Capital le 31 mars 2025, Bercy affirme sans ambiguïté : « Il n’y a aucun changement en matière de calcul de la taxe foncière pour 2025 et rien de nouveau pour la prise en compte des balcons et terrasses ».

Même tonalité du côté de La Voix du Nord, qui rapporte les propos officiels de la DGFiP : « Cette nouvelle est en fait fausse. Nos méthodes de calculs n’évoluent aucunement cette année. C’est la valeur du bien qui fait office d’assiette ». Autrement dit, les propriétaires de balcons n’ont pas à craindre une imposition spécifique ni une requalification de leurs espaces extérieurs comme “dépendances permanentes”.

Taxe foncière : une hausse bien réelle… mais strictement liée à l’inflation

Alors pourquoi cette impression d’augmentation inexorable ? Tout simplement parce que la valeur locative cadastrale, sur laquelle repose le calcul de la taxe foncière, est automatiquement revalorisée chaque année selon l’indice des prix à la consommation. En 2025, cette revalorisation s’élève à 1,7 %, conformément à l’inflation constatée. Il ne s’agit donc en rien d’une volonté politique ou d’une refonte du système, mais d’un ajustement réglementaire annuel, comme l’explique France Info : « La valeur locative des biens est indexée sur l’inflation, qui a pris +1,7 % cette année ».

Autre facteur aggravant : le taux d’imposition voté par chaque commune. Certaines municipalités l’ont augmenté, parfois de manière spectaculaire, contribuant ainsi à la perception d’un alourdissement global. Mais in fine, ce ne sont ni les balcons ni les terrasses qui font augmenter la taxe foncière de certains propriétaires. C’est l’inflation, le gouvernement et… les municipalités !

Mais le mal était fait. Repris sur les réseaux sociaux et certains portails immobiliers, le contenu mensonger a semé la panique parmi les propriétaires, avec des interrogations pressantes sur les conséquences budgétaires. Ce déchaînement viral a donné naissance à ce qu’on peut qualifier sans exagération de fake news fiscale.

Piscines hors-sol : le piège fiscal que personne n’a vu venir

Si balcons et terrasses échappent à toute requalification fiscale, les piscines hors-sol n’ont pas cette chance. Contrairement à une idée répandue, ces équipements peuvent bel et bien être taxés… à condition qu’ils soient fixés au sol ou installés pour une durée supérieure à trois mois. L’administration considère dans ce cas que la piscine constitue une dépendance bâtie, donc intégrée dans la taxe foncière comme dans la taxe d’aménagement.

Une piscine de 32 m² peut engendrer une hausse de 253,44 euros de taxe foncière annuelle. Et ce n’est pas tout : la taxe d’aménagement s’élève à 262 euros par mètre carré en 2025, soit plus de 8 000 euros pour une piscine standard.

Immobilier : des exonérations toujours en vigueur pour les plus fragiles

Au milieu de cette cacophonie, un rappel utile : des exonérations existent pour certains profils de contribuables. Les personnes âgées de plus de 75 ans, les foyers modestes sous plafond de revenu et les personnes en situation de handicap peuvent bénéficier d’une exonération partielle ou totale. De même, les propriétaires ayant acquis un bien récemment peuvent obtenir une exonération temporaire de deux ans.

En 2025, oui, la taxe foncière va grimper. Mais pas à cause de balcons, de terrasses ou d’une obscure réforme sortie d’un tiroir ministériel. La hausse provient uniquement de la mécanique d’indexation annuelle et des décisions locales sur les taux. Il n’est donc nul besoin de démolir sa terrasse ou de renoncer à un balcon pour éviter un coup de massue fiscale. En revanche, attention à vos piscines hors-sol : elles, sont bel et bien dans le viseur du fisc… si elles dépassent le stade du gadget saisonnier.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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