Le géant automobile Stellantis a dévoilé ses résultats financiers pour 2024, et le constat est sans appel : recul des ventes, effondrement des bénéfices et pression accrue sur la rentabilité. Après des années de croissance solide, le groupe subit une correction brutale, marquée par une baisse de 70 % de son bénéfice net et un chiffre d’affaires en recul de 17 %.
Automobile : Stellantis voit ses bénéfices fondre comme jamais en 2024
Stellantis : un recul historique des performances financières
Le bilan 2024 de Stellantis traduit un affaiblissement majeur de ses fondamentaux. Le chiffre d’affaires s’établit à 156,9 milliards d’euros, soit une baisse de 17 % par rapport à 2023. Cette contraction est directement liée à une diminution de 12 % des volumes d’expédition.
Le bénéfice net a plongé à 5,5 milliards d’euros, marquant une chute vertigineuse de 70 %. Plus inquiétant encore, le résultat opérationnel courant a fondu de 64 %, atteignant 8,6 milliards d’euros, avec une marge réduite à 5,5 %(contre 12,8 % en 2023).
En parallèle, le free cash-flow industriel, indicateur clé de la santé financière du groupe, est négatif à hauteur de -6 milliards d’euros, illustrant une tension importante sur les liquidités.
Ces résultats sont d’autant plus marquants que Stellantis était jusqu’ici réputé pour sa bonne rentabilité. Pour la première fois depuis des années, la marge opérationnelle du constructeur est inférieure à celle de Renault, un signal fort adressé aux investisseurs et aux marchés.
Plusieurs facteurs expliquent cette contre-performance.
- Un retard stratégique dans les lancements : Stellantis a accusé du retard dans l’introduction de nouveaux modèles, notamment la Citroën ë-C3, perturbant son offre produit à un moment clé.
- Une gestion des stocks chaotique : L’entreprise a dû écouler des stocks importants, notamment en Amérique du Nord, où les concessions étaient saturées de véhicules trop chers et peu attractifs pour les clients. La réduction des stocks a nécessité des rabais importants, comprimant sévèrement la rentabilité.
Une rentabilité en chute libre sur ses principaux marchés :
- En Amérique du Nord, traditionnellement moteur des bénéfices, la marge opérationnelle a plongé de 15,4 % à 4,2 %.
- En Europe, elle est passée de 9,8 % à 4,1 %.
- Seuls l’Amérique du Sud (14,3 %) et la zone Afrique-Moyen-Orient (18,8 %) maintiennent des marges élevées, mais leur poids reste trop limité pour compenser les pertes sur les marchés clés.
Quelles perspectives pour 2025 ?
Malgré ces résultats en berne, Stellantis affirme être en ordre de marche pour un rebond en 2025.
Lancement de 10 nouveaux modèles :
Le groupe mise sur ses nouvelles plateformes STLA (Medium, Large, Frame et Smart Car) pour diversifier son offre et conquérir de nouvelles parts de marché. Parmi les modèles attendus, les nouvelles Peugeot E-3008, Jeep Wagoneer S et Dodge Charger Daytona devraient contribuer à relancer les ventes.
Une promesse de retour à la rentabilité :
Stellantis prévoit pour 2025 une croissance positive du chiffre d’affaires, avec une marge opérationnelle courante annoncée à « un chiffre » et un free cash-flow industriel redevenu positif.
L'attente du nouveau PDG :
Le groupe est toujours en quête d’un nouveau directeur général, après l’éviction de Carlos Tavares. La nomination du futur dirigeant est attendue pour le premier semestre 2025 et pourrait marquer un tournant stratégique pour l’entreprise.
Les investisseurs ont sévèrement sanctionné Stellantis à l’annonce de ses résultats. L’action a chuté de 4,24 %, tombant à 12,91 euros, enregistrant l’une des plus fortes baisses du CAC 40.
Les analystes restent prudents sur la capacité du groupe à rebondir rapidement, d’autant plus que ses ambitions pour 2025 restent assez floues.