La fraude aux prothèses auditives est très répandue en France. Chaque année, le manque à gagner pour l’Assurance Maladie s’élève à plusieurs millions d’euros. En 2024, la facture grimpe à 7 millions d’euros.
Prothèses auditives : la fraude rapporte 7 millions d’euros aux escrocs en 2024

Une fraude aux prothèses auditives bien huilée
Une vaste fraude impliquant des prothèses auditives a permis à des escrocs de détourner plus de 7 millions d’euros l’année dernière en abusant du système de remboursement de l’Assurance Maladie. Cette arnaque a touché 75 Caisses primaires d’Assurance Maladie (CPAM) et 54 mutuelles, grâce à un mécanisme basé sur de fausses factures et des surfacturations. Depuis l’entrée en vigueur du dispositif « 100 % Santé » en janvier 2020, les aides auditives sont entièrement remboursées, une opportunité que les fraudeurs exploitent en facturant des équipements jamais livrés aux patients.
Les enquêteurs du Groupe interministériel de recherches (GIR) de Seine-Saint-Denis et du service départemental de la police judiciaire ont interpellé trois personnes en décembre 2024, soupçonnées d’avoir participé à cette fraude en bande organisée. Deux hommes et une femme, responsables de plusieurs centres de santé, seraient impliqués dans l’orchestration de ces fausses facturations. Pourtant, selon les premiers éléments de l’enquête, ils ne seraient que des exécutants dans un réseau dirigé par un individu résidant aux Émirats arabes unis.
Une escroquerie bien huilée et des millions d’euros blanchis
Le mode opératoire était simple mais redoutablement efficace. Les fraudeurs ciblaient des patients munis d’ordonnances et leur proposaient des prothèses auditives de grande valeur. Une fois la demande transmise, la facture était envoyée aux organismes de sécurité sociale et aux complémentaires santé, qui procédaient immédiatement au remboursement. Toutefois, les aides auditives n’étaient jamais commandées, permettant ainsi aux escrocs d’empocher les sommes versées.
Ce stratagème leur a permis d’accumuler des millions d’euros, dont une partie a été blanchie via des cryptomonnaies, des investissements immobiliers et des achats d’objets de luxe. Lors des perquisitions, les forces de l’ordre ont saisi près de 900 000 euros sous différentes formes, mettant en lumière l’ampleur du détournement.
Un expert en lutte contre la fraude a dénoncé un manque de contrôle flagrant de la part des organismes payeurs. La facilité avec laquelle cette escroquerie a été mise en place pose de sérieuses questions sur les dispositifs de surveillance en place. Et pourtant, depuis plusieurs années, l’Assurance Maladie tente de muscler son arsenal de contrôle.