Encadrées depuis plusieurs mois dans les grandes surfaces, les grosses promotions sur certains articles disponibles en grande surface pourraient revenir. C’est en tout cas le souhait de certains parlementaires. Mais attention, cela concerne surtout les produits ménagers.
Grandes surfaces : bientôt le retour des méga-promos sur les produits ménagers ?

Les produits ménagers bientôt de nouveau concernés par les promotions d’envergure dans les grandes surfaces
Après plusieurs mois de restrictions imposées par la loi EGAlim 3, la question du retour des méga-promos dans les grandes surfaces sur les produits ménagers refait surface. Une proposition de loi, déposée par les députés Stéphane Travert et Julien Dive, pourrait lever les limitations qui encadrent actuellement les promotions sur ces articles. Cette initiative, défendue par une partie de la grande distribution, vise à redonner aux enseignes la liberté d’appliquer des réductions plus importantes, un sujet qui divise industriels et distributeurs.
Depuis mars 2024, la loi EGAlim 3, également appelée loi Descrozaille, interdit aux distributeurs d’accorder des réductions supérieures à 34 % sur les produits d’hygiène et d’entretien et limite les volumes de ventes promotionnelles à 20 %. Cette mesure avait été instaurée après que la grande distribution, confrontée aux restrictions sur les promotions alimentaires, avait répercuté les rabais sur les articles de droguerie, parfumerie et hygiène (DPH), atteignant des réductions moyennes de 45 %. L’objectif affiché du législateur était d’éviter une guerre des prix jugée préjudiciable aux industriels et aux PME du secteur.
Toutefois, cette législation a immédiatement suscité une levée de boucliers parmi les enseignes. De plus, la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) critiquait également une disposition « irresponsable et inflationniste », considérant qu’elle empêchait les grandes surfaces de proposer des prix compétitifs aux consommateurs en période de forte pression sur le pouvoir d’achat.
Un marché en mutation et des enjeux économiques divergents
L’enjeu des promotions sur les produits ménagers ne se limite pas aux simples considérations commerciales. Le secteur, dominé par des géants historiques, connaît depuis plusieurs années l’émergence de nouvelles marques comme Spring ou La marque en moins, qui misent sur des produits écologiques et une distribution numérique. Ces entreprises, souvent de plus petite taille, doivent adapter leur modèle économique à une réglementation qui limite les marges de manœuvre en matière de promotions.
La Fédération des entreprises de la beauté (FEBEA) et la Fédération de l’Hygiène et de l’Entretien Responsable (FHER) rappellent que les produits ménagers ne sont pas comparables aux denrées alimentaires en matière de souveraineté économique. Selon la FEBEA, 60 % du chiffre d’affaires du secteur de la beauté provient des exportations, tandis que les produits d’entretien sont largement destinés au marché intérieur. Cette différence structurelle justifie, selon les partisans de la proposition de loi, une approche moins restrictive en matière de promotions.
Les discussions qui se tiendront à l’Assemblée nationale mi-mars s’annoncent particulièrement disputées. D’un côté, les enseignes plaideront pour une déréglementation qui leur permettrait d’ajuster plus librement leurs prix face à la demande. De l’autre, les industriels et certaines fédérations du secteur mettront en avant les risques d’une guerre des prix destructrice pour les petites entreprises et les fournisseurs français.