Pétrole : les menaces de Trump font bondir les prix

Le pétrole ne réagit pas toujours aux paroles. Mais quand la menace vient de la Maison-Blanche et vise Moscou, le marché flambe. Le 31 mars 2025, les investisseurs n’ont pas hésité.

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Par Grégoire Hernandez Publié le 1 avril 2025 à 8h40
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Pétrole : les menaces de Trump font bondir les prix - © Economie Matin

Un avertissement brutal, une réplique immédiate. Le marché pétrolier s’est enflammé alors que les tensions géopolitiques franchissent un nouveau seuil. Mais ce soubresaut est-il vraiment le signe d’un basculement durable ?

Menaces américaines : le choc sur les prix du pétrole

Le pétrole a bondi le 31 mars 2025, dopé par les nouvelles déclarations du président américain. Donald Trump a en effet promis d’imposer des droits de douane secondaires sur les expéditions russes en cas d’échec des négociations avec Vladimir Poutine sur un cessez-le-feu en Ukraine. Il évoque une surtaxe de 25 %, « à n’importe quel moment » : une annonce qui a provoqué une ruée immédiate sur les marchés. Le baril de Brent a grimpé à 74,74 dollars (+1,51 %) tandis que le WTI atteignait 71,48 dollars (+3,06 %) pour les livraisons de mai.
À l’origine, l’objectif affiché est politique : faire pression sur le Kremlin pour mettre fin à la guerre. Mais les conséquences dépassent le cadre diplomatique. La Russie, deuxième producteur mondial de brut, reste un acteur incontournable, même sous sanctions internationales.

Washington utilise une fois de plus l’arme commerciale. En visant les pays qui achètent le pétrole russe, la Maison-Blanche veut élargir l’effet des restrictions occidentales. Mais selon Rob Thummel, analyste chez Tortoise Capital, « c’est très flou » et il s’interroge sur la possibilité réelle de « réduire l’offre de l’un des plus grands producteurs au monde ».
Malgré les embargos, Moscou continue d’alimenter les marchés, notamment en direction de l’Asie. « Le pays tire d’importants revenus de ses exportations pétrolières (…) et a trouvé des moyens de contourner les sanctions », ajoute Thummel. Autrement dit, la menace de Trump pourrait provoquer des secousses, mais sans effet durable si la Russie parvient à maintenir ses flux.

L’Iran en embuscade : un deuxième front qui inquiète

Le président américain n’a pas limité ses propos à la seule Russie. Il a aussi mis en garde l’Iran, menaçant carrément de « bombardements » si les discussions sur le nucléaire échouent. Une déclaration qui n’a rien d’anodin dans un climat déjà survolté : l’Iran figure aussi parmi les dix plus grands producteurs mondiaux de pétrole.
En combinant les tensions sur ces deux fronts, le marché anticipe un durcissement global de l’offre. Même si ces scénarios restent hypothétiques, leur simple évocation suffit à créer un choc immédiat.

Les prix du pétrole réagissent souvent aux secousses diplomatiques. Mais ces envolées sont parfois trompeuses. Rob Thummel avertit : « Je ne vois pas d’impact à long terme », estimant qu’il sera « difficile d’éliminer l’offre russe du marché ».
Les déclarations de Trump soulignent néanmoins la fragilité de cet équilibre : une simple phrase peut suffire à faire trembler les courbes. Car si les menaces s’accumulent, les marges de manœuvre, elles, se rétrécissent.

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Étudiant en école de journalisme. Journaliste chez Économie Matin depuis septembre 2023.

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