L'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique a demandé mercredi 23 mai à la justice de se saisir de la question des enfants mis en scène dans des vidéos sur YouTube. Il existe un vide juridique sur le travail des enfants sur Internet.
Des vidéos YouTube d'enfants rapportent des milliers d'euros aux parents
Les enfants devenues stars sur YouTube sont de plus nombreux. Mais le phénomène de ces vidéos d'unboxing, où les enfants déballent leurs cadeaux, venu des États-Unis, cumulent parfois plusieurs millions de vues. Et il s'agit là d'une activité lucrative. L'Observatoire de la parentalité et de l'éducation numérique (Open) a demandé mercredi 23 mai à la justice de se saisir de la question des enfants apparaissant dans des vidéos diffusées sur YouTube. Les chaînes « Studio Bubble Tea », « Swan The Voice » ou « Démo Jouets » peuvent comptabiliser plusieurs milliards de vues… et ce sont elles qui inquiètent aujourd’hui l’Observatoire de la parentalité et de l’éducation numérique (Open).
En effet, ces chaînes YouTube peuvent rapporter ainsi jusqu'à des dizaines de milliers d'euros par mois aux parents, car les diffuseurs rémunèrent les auteurs des vidéos. Sur une vidéo qui a dépassé les 11 millions de visionnages, les gains estimés de son auteur sont de plus de 10 000 euros. Et les marques sont parfois prêtes à payer pour que leurs produits apparaissent dans les vidéos. Le problème, c'est que rien ne certifie que les enfants perçoivent une part du gâteau, car, dans le Code du travail, aucune mesure n'encadre cette activité sur internet. Un vrai vide juridique existe donc.
Nuire à la vie sociale et aux activités de loisirs des enfants
L'Observatoire dénonce auprès de franceinfo des enfants « exploités et manipulés par leurs parents » et demandent à ces derniers puissent bénéficier du statut d'enfant du spectacle (un statut qui s'applique aux secteurs de la chanson, de la publicité et du spectacle). « Cela permettrait aux enfants d'avoir des conditions de tournage adaptées à leur âge et de toucher les revenus qui leur sont dus ».
Pour l'Open, ces vidéos pourraient aussi à nuire à la vie sociale et aux activités de loisirs des enfants. L'association a adressé deux lettres à deux parquets différents en demandant à chaque fois aux procureurs « de se saisir et de qualifier les faits ». Le Conseil national de protection de l'enfance (CNPE), rattaché au Premier ministre, a également été saisi.