Les traders "obligés" d'être malhonnêtes pour réussir ?

24 % des cadres dirigeants du secteur financier se disent convaincus
que les professionnels de la finance peuvent être conduits à mettre en
oeuvre des pratiques illégales ou contraires à l'éthique pour
atteindre leurs objectifs.

L'affaire Kerviel ne semble pas avoir servi de leçon : un quart des cadres de Wall Street et de la City considèrent que la malhonnêteté est une clé pour réussir dans la finance ! C'est ce que révèle une étude réalisée par Labaton Sucharow, un cabinet d'avocats américain spécialisé dans la dénonciation de mauvaises pratiques.

Sur les 500 cadres dirigeants du secteur financier interrogés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, 24 % se disent en effet convaincus que les professionnels de la finance peuvent être conduits à mettre en oeuvre des pratiques illégales ou contraires à l'éthique pour atteindre leurs objectifs.

Plus grave encore : 60 % des cadres interrogés déclarent qu'ils commettraient un délit d'initié s'ils ne risquaient pas de sanctions et 30 % affirment que leurs programmes de rémunérations variables les incitent à violer la loi ou les principes éthiques. Avec de telles pratiques cautionnées par le management, la crise du secteur financier n'est pas près de trouver une issue. Et les petits épargnants risquent d'en être les principaux perdants...


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Laure Japiot

Journaliste spécialisée en économie depuis 2004, Laure Japiot a notamment travaillé pour l'hebdomadaire gratuit Economie Matin, le Courrier du Grand Paris (magazine de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris) et Les Echos de la franchise (Groupe Les Echos). Elle est diplômée du CESEM (Reims Management School).