En finir avec les « smicards à vie » : un think-tank propose des solutions

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Au 1er janvier 2021, une quarantaine de branches professionnelles de
plus de 5.000 salariés avaient encore des salaires minimum
conventionnels inférieurs au SMIC.

Après les gouvernements successifs, aujourd’hui c’est le think-tank Terra Nova qui s’attaque au problème du « plancher collant » du SMIC dans de nombreuses branches professionnelles.

Dans de nombreuses branches, les grilles salariales ne veulent pas dire grand-chose

Smicard un jour, smicard toujours ! Plus qu’une blague, dans de nombreux métiers ce dicton est malheureusement une réalité. Et oui, dans un grand nombre de branches professionnelles, un mécanisme de « plancher collant » bloque les salariés au niveau du SMIC malgré leur progression de carrière. Comment est-ce possible ? Toute personne nouvellement embauchée est en effet inscrite dans la grille salariale au coefficient correspondant au bas de l’échelle, si bien qu’elle ne pourra espérer dépasser le SMIC qu’une fois qu’elle aura franchi le ou les différents coefficients qui l’en séparent.

Sauf que le SMIC augmente régulièrement (une fois par an, si ce n’est plus fréquemment, comme cela a été le cas en 2022). Les conventions de branche, elles, restent inchangées, y compris en ce qui concerne le minimum de rémunération. Chaque augmentation du SMIC crée ainsi un écart (ou creuse l’écart existant) entre le salaire minimum conventionnel et le SMIC. Le salaire effectivement versé ne peut pas être inférieur au SMIC certes (sinon l’employeur aurait été dans l’illégalité). Toujours est-il qu’avec chaque hausse du SMIC, les salaires se trouvant au plus bas de l’échelle deviennent équivalents au SMIC voire inférieur à celui-ci.

Supprimer les échelons en-dessous du SMIC dans les conventions collectives et couper les aides aux entreprises qui en auraient

Terra Nova dénonce donc « une mécanique particulièrement injuste, qui enferme les petits revenus dans un rythme de progression décourageant et qui procure un sentiment de manque de perspective et de déni de reconnaissance ». Elle est un facteur d’injustice, voire de ressentiment pour les intéressés. Cet état des choses nuit également à l’attractivité des secteurs et métiers concernés.

Pour sortir de cette situation, Terra Nova recommande à l’État d’inviter les branches professionnelles à réviser leurs conventions par la négociation pour supprimer les échelons en-dessous du SMIC de telle sorte que le SMIC devienne véritablement un « salaire d’entrée » et non une condition durable de rémunération. Terra Nova reprend, entre autres, la proposition de la CFDT de conditionner les aides publiques (les exonérations de charges patronales en particulier) à une progression régulière des rémunérations.


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