Miss France 2013 : le business du concours de beauté

Miss France 2013, qui sera élue parmi 12 finalistes le 8 décembre,
devrait bientôt gagner 4000 euros bruts mensuels...

Avouez-le : vous avez forcément déjà cédé à la tentation de regarder une élection de Miss France ! Réjouissez-vous, la prochaine est prévue ce samedi 8 décembre, en direct sur TF1 à 20h30. Evidemment, ce n'est pas pour Jean-Pierre Foucault que vous irez jeter un œil, en feignant un dérapage sur la télécommande : c'est pour les 12 finalistes, sélectionnées parmi les 33 Miss régionales. Eh bien sachez que ce business alimente bien du monde...

Car derrière leurs jolis minois – et autres atouts de charme -, savez-vous après quoi courent ces jeunes femmes ? La célébrité, la reconnaissance de leur beauté...? Certainement, mais pas seulement : Miss France 2013, comme celles qui l'ont précédée, devrait toucher 4000 euros bruts mensuels, auxquels s'ajoutent généralement un logement dans le VIIIe arrondissement de Paris, une voiture, une garde robe, des bijoux, des coiffeurs, des soins esthétiques, etc.

Et comment la société Miss France finance-t-elle de tels avantages ? L'entreprise, rachetée à Geneviève de Fontenay et son fils Xavier en 2002 par Endemol pour plus de 6 millions d'euros, facture chaque année 2,7 millions d'euros à TF1 pour la diffusion de l'élection. Néanmoins, l'importance des coûts logistiques ne laisserait que 150 000 euros de résultat net annuel à la filiale d'Endemol... Mais le groupe ayant globalement réalisé 153 millions d'euros de bénéfices en 2010, on ne les plaindra pas.

Du côté de TF1, l'affaire reste intéressante. Car cette soirée annuelle, suivie en moyenne par environ 8 millions de téléspectateurs, lui rapporte 4,6 millions d'euros de chiffre d'affaires publicitaire brut ! Même si cet engouement a un peu baissé ces derniers temps, le Téléthon, diffusé chaque année le même soir par France 2, reste loin derrière, avec seulement 1,5 million de téléspectateurs.

Derniers participants à cette vaste opération marketing : les villes hôtes. En 2011, la communauté urbaine Brest Métropole Océane (BMO) avait ainsi déboursé 237 000 euros pour l'organisation du concours dans la ville portuaire : un investissement jugé disproportionné par de nombreux élus. Mais le maire s'était défendu en rappelant les répercussions de l'événement sur le commerce, l'hôtellerie et la restauration. Sans compter le sujet de quelques minutes que TF1 consacre toujours à la ville au cours de l'émission, un gage de visibilité non négligeable.

Cette année, les festivités ont lieu à Limoges. Pendant les 2 semaines précédant l'élection, la ville a donc dû prendre en charge 43 personnes, c'est-à-dire les Miss et leurs chaperons, mais aussi la sécurité, et la mise à disposition du Zénith pour accueillir la soirée. D'après Alain Rodet, le député-maire cité par infomagazine.com, « accueillir Miss France est moins cher qu'une étape du Tour de France (...), entre 120 000 et 150 000 euros. Mais c'est un bon investissement car cela assure une notoriété haut de gamme, liée à la beauté et l'élégance. » S'il le dit…

Reste un suspense de taille : Miss Corse, Miss Limousin et Miss Tahiti, dont plusieurs « photos de charme » soulevant de vives polémiques ont été publiées ces derniers jours, feront-elles partie des 12 finalistes sélectionnées par le très rigide comité Miss France ? Allez, vous avez votre excuse pour zapper quelques minutes sur TF1 !


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Laure Japiot

Journaliste spécialisée en économie depuis 2004, Laure Japiot a notamment travaillé pour l'hebdomadaire gratuit Economie Matin, le Courrier du Grand Paris (magazine de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris) et Les Echos de la franchise (Groupe Les Echos). Elle est diplômée du CESEM (Reims Management School).