La Commission européenne a annoncé avoir ouvert une enquête sur les supposées pratiques anticoncurrentielles d’Amazon. Plusieurs années pourraient s’écouler avant que l’affaire trouve un dénouement.
La double casquette d’Amazon pose problème
Les géants américains ne cessent d’attirer les foudres de Margrethe Vestager, la commissaire européenne à la concurrence. Cette fois-ci, c’est le tour d’Amazon. Et la pomme de la discorde n’est autre que le double positionnement d’Amazon : marketplace d’une part, vendeur de ses propres produits d’autre part. En tant qu’opérateur d’une marketplace, Amazon a en effet une vue panoramique sur ce que les internautes cherchent, les fiches produits qu’ils consultent, ce qu’ils commandent, les avis qu’ils laissent…
Et si cela pose problème, c’est parce que Amazon est lui-même un vendeur. Cette mine d’informations lui permet de mieux choisir les produits qu’il va vendre et mieux fixer leurs prix. À ce titre, Amazon bénéficie d’un avantage que ses concurrents n’ont pas. Autant dire que cet état des choses ne pouvait pas laisser indifférente la Commission européenne, dont le mandat inclut, entre autres, de veiller au jeu de la concurrence sur le marché communautaire.
Amazon pourrait écoper d’une amende salée
Une autre enquête, lancée à l’encontre d’Amazon en même temps, concerne la « buy box », ce bouton jaune qui permet aux membres d’Amazon d’acheter un produit en un clic, auprès du marchand choisi par Amazon. Le problème est que cette fonctionnalité fausse le jeu de la concurrence et met certains marchands dans une position privilégiée.
L’accusation à l’encontre d’Amazon n’a pas encore été formalisée, et il pourrait s’écouler plusieurs années avant que l’enquête aboutisse et qu'Amazon se voit infliger des pénalités. Dans le pire des cas, la Commission européenne pourrait infliger au géant américain une amende correspondant à 10% de son chiffre d’affaires annuel, soit 23,7 milliards d’euros, si l’on se base sur les chiffres de 2019. L’affaire pourrait aussi se conclure par un accord à l’amiable, qui ferait qu’Amazon débourserait une moindre somme. Ou encore, la Commission européenne pourrait arrêter les poursuites purement et simplement si l’enquête n’aboutit pas.