La Commission européenne a initié, ce mercredi 5 février 2025, une enquête contre Shein, l’un des leaders du marché de la mode en ligne, accusé de ne pas respecter les normes européennes en matière de protection des consommateurs. Face à la prolifération de produits illégaux et parfois dangereux sur ces plateformes dédiées au low-cost, Bruxelles intensifie ses efforts pour encadrer un e-commerce en pleine explosion. Shein, symbole de la mode à bas prix, risque des amendes, tandis que des réformes douanières cruciales se profilent.
Mode en ligne : Shein dans le viseur de l’UE
Une enquête ciblée contre Shein
La Commission européenne a officialisé l’ouverture d’une enquête contre Shein, plateforme chinoise devenue incontournable dans le secteur de la mode low-cost en ligne. Le géant est suspecté de ne pas suffisamment lutter contre la vente de produits qui ne respectent pas les normes de sécurité européennes. L’enquête se concentre notamment sur la conformité de ses articles, en particulier à la législation de l’UE sur la protection des consommateurs.
« Nous partageons l’objectif de veiller à ce que les consommateurs européens puissent faire leurs achats en ligne en toute sérénité », a réagi un porte-parole de Shein. L’entreprise a promis de collaborer pleinement avec les autorités européennes, en soulignant l'importance du dialogue pour garantir une sécurité accrue aux consommateurs. Si des violations sont confirmées, Shein pourrait se voir infliger des amendes substantielles par les régulateurs nationaux, dont, en France, la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes en France).
Un phénomène d’e-commerce en forte croissance
La Commission européenne se trouve aujourd’hui confrontée à l’essor fulgurant des plateformes de commerce en ligne chinoises cassant les prix. Shein n’est pas le seul acteur sous surveillance, Temu fait également l’objet d’une enquête pour des accusations similaires. « De nombreux produits sont non conformes à la législation de l’UE, voire dangereux », a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission, chargée de la Souveraineté technologique, de la Sécurité et de la Démocratie.
En 2024, environ 4,6 milliards d’articles en provenance des plateformes chinoises ont été importés dans l’Union européenne, deux fois plus qu’en 2023. Ces produits, souvent à (très) bas prix, constituent une concurrence déloyale pour les commerçants européens respectant les règles de l’UE. « La Chine est en train de tuer le retail européen », déplore ainsi un haut fonctionnaire européen. Ils engendrent également une pression immense sur les autorités douanières, en première ligne pour contrôler ces importations massives.
Réformes douanières et nouveaux défis
Face à cette situation, l’UE a lancé des réformes visant à mieux encadrer l’importation de produits bon marché depuis des plateformes de commerce en ligne. La suppression de l’exonération de droits de douane pour les colis inférieurs à 150 euros et la mise en place d’une nouvelle « zone de contrôle prioritaire » pour les produits achetés en ligne devraient permettre de mieux protéger les consommateurs. La Commission européenne a également proposé la création d’une taxe sur les colis entrants afin de financer des contrôles supplémentaires.
Cet enchevêtrement de mesures vise à freiner l'irruption des produits non conformes et dangereux sur le marché européen, tout en équilibrant la concurrence entre les géants du commerce en ligne et les commerçants traditionnels européens. Cette approche coordonnée entre douanes et autorités nationales semble essentielle pour répondre aux défis posés par l’e-commerce global. Ces réformes doivent toutefois encore obtenir l’approbation des législateurs européens, et leur mise en œuvre pourrait prendre plusieurs années.