Fermeture d’usine : Michelin prend de court ses employés de Vannes

C’est un nouveau coup dur pour les salariés de Michelin, fleuron de l’industrie pneumatique française. La direction a fait savoir, lors d’une réunion avec l’intersyndicale, son intention d’anticiper la fermeture de l’usine de Vannes (Morbihan) du groupe, mardi 25 février 2025, rapporte l’AFP.

Axelle Ker
Par Axelle Ker Publié le 27 février 2025 à 9h33
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Fermeture d’usine : Michelin prend de court ses employés de Vannes - © Economie Matin
1 200La fermeture des deux usines de Michelin concerne un peu plus de 1 200 employés.

Près de 300 employés du groupe Michelin vont se retrouver sur le carreau plus tôt que prévu. Le groupe prévoyait à l'origine de fermer son usine de Vannes en trois phases afin de laisser le temps à ses salariés de se préparer au mieux à leur retour sur le marché de l'emploi.

Michelin revoit son plan de fermeture de l'usine de Vannes

Le 5 novembre 2024, Michelin avait officialisé la fermeture de deux de ses usines en France : celle de Vannes (Morbihan, 299 salariés), et celle de Cholet (Maine-et-Loire, 955 salariés). L’échéance était alors fixée à novembre 2025 pour Vannes et début 2026 pour Cholet. Mais le 25 février 2025, lors d’une réunion avec l’intersyndicale, la direction a annoncé vouloir fermer le site vannetais dès le 1ᵉʳ septembre 2025, soit deux mois avant l'échéance initiale.

Plus question d’un arrêt en trois étapes comme cela était prévu : le plan de fermeture annoncé en novembre 2024 prévoyait en effet que la moitié des salariés du site de Michelin de Vannes soient licenciés en juin, puis 40 % en octobre 2025 et les derniers en mai 2026. Finalement, seuls 18 salariés resteront en poste après le mois de septembre pour gérer la fermeture définitive de l'usine de Vannes de Michelin.

Colère des syndicats, désarroi des salariés

Au mois de janvier 2025, Florent Ménégaux, PDG de Michelin, pointait du doigt les taxes françaises comme étant à l'origine des principaux maux de l'industrie française à l'occasion de son audition devant le Sénat. La nouvelle tombe néanmoins comme un couperet pour les employés et l'intersyndicale de Michelin. Christophe Villate, délégué syndical CGT, dénonce une véritable « bombe RPS » (risques psychosociaux) et annonce une procédure pour danger grave imminent, rapporte l’AFP. Moussa Tang de Sang, de la CFE-CGC, ne cache pas son exaspération envers la direction de Michelin : « On a l’impression de parler à un mur. » Quelques instants avant l'annonce, soixante-dix salariés se sont réunis devant l’usine de Vannes pour entendre les conclusions de la réunion avec Michelin. Jérôme Letaeron, représentant CFDT, décrit des employés abattus : « Ils ne s’attendent plus à rien, ils se sentent abandonnés. »

Un porte-parole de Michelin s'est voulu rassurant en affirmant auprès de l’AFP que « rien ne change » en matière d’accompagnement des salariés, précisant que ces derniers auront « jusqu’à 24 mois de suivi individuel » pour leur reconversion. Alain Robbe, directeur des relations sociales de Michelin France, avait pourtant assuré en décembre 2024 : « On s’engage à accompagner chaque salarié sans limitation de durée jusqu’à ce qu’il ait un CDI, période d’essai validée. » L'usine de Cholet (Pays-de-la-Loire), quant à elle, qui emploie pas moins de 955 salariés, fermera bien en 2026 selon les confirmations de Michelin. 

Axelle Ker

Diplômée en sciences politiques et relations internationales, journaliste chez Économie Matin & Politique Matin.

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