À une époque où la communication instantanée est reine, les messages vocaux ont longtemps été présentés comme une solution pratique. Mais aujourd’hui, un vent de lassitude souffle sur ces enregistrements audio. Jugés trop longs, trop contraignants et parfois inopportuns, ils sont de plus en plus délaissés au profit d’autres modes de communication plus efficaces. Une étude récente met en lumière cette désaffection croissante. Assisterait-on à la fin d’une mode encombrante ?
Pourquoi les Français se détournent des messages vocaux
Depuis leur introduction sur WhatsApp en 2013 et Instagram en 2018, les messages vocaux se sont répandus comme une traînée de poudre. Initialement prisés pour leur simplicité d'utilisation et leur aspect chaleureux, ces notes audio sont aujourd'hui victimes de leur propre succès. Le 9 février 2025, une étude réalisée par Preply révèle que 45 % des Français trouvent ces messages trop longs et ennuyeux, tandis que 50 % les jugent peu pratiques à écouter. Cet essoufflement s'explique par des raisons aussi bien pratiques que psychologiques.
Les messages vocaux, une adoption générationnelle qui s'essouffle
Les messages vocaux ont conquis un large public, mais leur utilisation varie fortement en fonction des générations. La génération Z reste leur plus grande adepte, avec une moyenne de 5,7 notes audio envoyées ou reçues chaque jour. À l'inverse, les baby-boomers les utilisent peu, avec seulement 1,7 message vocal échangé quotidiennement. Ce clivage générationnel se retrouve également selon les régions. Dijon, Lyon et Lille figurent parmi les villes où l'on envoie le plus de messages vocaux.
Pourquoi cet engouement initial ?
- Facilité d'utilisation : enregistrer un message est plus rapide que taper un texte.
- Expression des émotions : la voix transmet des nuances qu'un message écrit ne peut rendre.
- Moins d'effort cognitif : 33 % des utilisateurs admettent privilégier l'audio par pure paresse.
Mais si ces avantages ont séduit un temps, ils se heurtent aujourd'hui à plusieurs limites.
Un mode de communication jugé trop contraignant
Si les messages vocaux ont connu une adoption massive, leur utilisation s'accompagne d'inconvénients croissants, croit savoir l'étude de Preply.
Les principales critiques des utilisateurs
Critères | Pourcentage d'insatisfaction |
---|---|
Difficulté d'écoute en public | 50 % |
Longueur excessive des messages | 45 % |
Difficulté à retrouver des informations précises | 31 % |
Préférence pour le texte écrit (adresses, numéros, détails importants) | 40 % |
Le problème du temps volé
Les messages vocaux présentent un problème fondamental : ils exigent du temps et de l'attention. Contrairement à un texte que l'on peut lire en diagonale, écouter un message vocal demandant une concentration continue. Pire encore, lorsque l'expéditeur divague, il devient impossible d'accéder directement à l'information recherchée sans devoir réécouter plusieurs fois. En moyenne, les Français estiment que 41 secondes est la durée idéale d'un message vocal, bien loin des monologues interminables que certains s'obstinent à envoyer.
Des alternatives plus efficaces gagnent du terrain
Face à ces inconvénients, des solutions plus adaptées émergentes. WhatsApp a récemment introduit une fonctionnalité permettant de transcrire les messages vocaux en texte, facilitant ainsi leur consultation rapide. Cette avancée, couplée à l'amélioration des outils de reconnaissance vocale, pourrait signer la fin du message vocal traditionnel.
Pourquoi les messages écrits représentent le dessus ?
- Lisibilité immédiate : on peut repérer une information sans avoir à écouter un long message.
- Discrétion : lire un message est bien plus pratique que d'écouter un enregistrement en public.
- Meilleure archivabilité : les informations essentielles ne se perdent pas dans un flot sonore.
Les SMS, les messageries instantanées textuelles et les fonctions de parole-to-text deviennent donc des alternatives prises.