Dans une interview accordée à Bloomberg, le PDG de Michelin, Florent Menegaux, lance un avertissement quant à l’impact des taxes élevées en France sur l’industrie, tout en plaidant pour une réforme des lois européennes sur la concurrence.
L’industrie étranglée par les taxes, selon le PDG de Michelin
Le poids des taxes en France
Florent Menegaux est catégorique lorsqu'il décrit la situation fiscale en France. « Vous tuez économiquement votre pays lorsque vous imposez des taxes bien plus élevées que dans d'autres pays », a-t-il déclaré à Bloomberg. « À l'heure actuelle, la fiscalité directe et indirecte en France est la plus élevée d'Europe. Il ne faut pas s'attendre à ce que les entreprises soient capables d'avaler cela tout le temps », a-t-il affirmé dans des propos repris par Le Point. Cette pression fiscale, bien au-delà de celle observée dans d'autres pays, met en péril non seulement les marges des entreprises mais aussi leur capacité à investir et à embaucher.
Le secteur industriel, en particulier, ressent profondément les impacts de cette politique fiscale. Florent Menegaux illustre ce point en soulignant le risque de voir l'industrie française perdre du terrain face à ses concurrents internationaux, notamment asiatiques, où les coûts de production sont plus bas. « Nous devons réadapter notre empreinte industrielle en Europe pour exporter moins, car ce n'est pas rentable » a-t-il souligné.
La réponse européenne à la concurrence asiatique
Face à une concurrence acharnée, le PDG de Michelin appelle à une révision des lois sur la concurrence en Europe. Il soutient que les règles actuelles ne favorisent pas suffisamment les transactions transfrontalières, essentielles pour renforcer les industries européennes face à des géants asiatiques de plus en plus dominants.
Florent Menegaux pense que sans une adaptation rapide et efficace de la législation européenne, les entreprises du continent risquent de décrocher irrémédiablement.
Les risques d'une guerre commerciale avec les États-Unis
Les tensions commerciales entre l'Union Européenne et les États-Unis exacerbent les inquiétudes de l'industrie européenne. Avec les récentes menaces de Donald Trump d'imposer de nouveaux droits de douane, notamment sur l'automobile, le climat économique devient encore plus incertain. « Ce sera 25% en général, et ça concernera les voitures et toutes les autres choses. Les Européens n'acceptent pas nos voitures, ils n'acceptent pas nos produits agricoles. Et nous, nous acceptons tout de leur part », a déclaré le président américain dans des propos partagés par Radio France.
Si ces tarifs étaient mis en place, ils pourraient se traduire par une hausse des prix pour les consommateurs américains, mais aussi par des conséquences plus larges pour le commerce international. Florent Menegaux met en garde contre les effets dommageables de telles mesures, tant pour les entreprises que pour les consommateurs.