Goldman Sachs augmente la probabilité d’une récession américaine à 35%

Le 31 mars 2025, la banque américaine Goldman Sachs a revu à la hausse sa probabilité d’une récession aux États-Unis, la portant à 35 %, contre 20 % précédemment. Une décision lourde de signification, motivée par une série de signaux économiques défavorables et un contexte politique tumultueux, sur fond de résurgence des politiques tarifaires impulsées par Donald Trump.

Stephanie Haerts
Par Stéphanie Haerts Publié le 31 mars 2025 à 12h30
Goldman Sachs augmente la probabilité d'une récession américaine à 35%
Goldman Sachs augmente la probabilité d’une récession américaine à 35% - © Economie Matin
1%Goldman Sachs a également révisé sa projection de croissance du PIB aux États-Unis pour 2025, passant de 1,5 % à 1,0 % sur une base trimestrielle.

La récession se profile aux Etats-Unis selon Goldman Sachs

Goldman Sachs, géant de la finance et baromètre de l’économie américaine, a actualisé ses prévisions macroéconomiques en tirant la sonnette d’alarme. La probabilité d’une récession aux États-Unis au cours des douze prochains mois atteint désormais 35 %. Ce bond de 15 points par rapport à sa dernière estimation ne s’explique pas par le hasard ni par un simple changement méthodologique. La banque évoque d’abord une baisse marquée de la confiance des entreprises et des consommateurs, deux piliers essentiels à la dynamique économique.

« Alors que les indices de confiance ont été un mauvais prédicteur de l'activité ces dernières années, nous ne négligeons pas le récent déclin car les fondamentaux économiques ne sont pas aussi solides », a indiqué Goldman Sachs dans des propos rapportés par le WSJ. Le ralentissement de la croissance du revenu réel, attendu à une moyenne de 1,4 % en 2025, est également un facteur d’inquiétude majeur. Une population qui gagne moins dépense moins, et l'effet domino sur la demande globale devient inévitable.

Les droits de douane imposés par Donald Trump sèment le chaos

Le déclencheur principal de cette révision pessimiste tient cependant dans une dynamique politique lourde de conséquences. Goldman Sachs pointe du doigt les droits de douane défendues par Donald Trump, annonçant que l’administration semble prête à « accepter une douleur économique à court terme pour atteindre ses objectifs politiques ». La banque ne se contente pas d’un simple avertissement. Elle a relevé ses projections pour les taxes douanières pour 2025 à 15 %, une hausse susceptible d’alimenter une inflation persistante.

Elle prévoit désormais que l’indice des dépenses de consommation, PCE (Personal Consumption Expenditures), atteindra 3,5 % d’ici fin 2025, un niveau largement supérieur à l’objectif de 2 % fixé par la Réserve fédérale. La logique est implacable, des droits de douane plus élevés renchérissent le coût des importations, ce qui alimente l'inflation tout en étranglant la croissance.

Croissance au ralenti, chômage en hausse

Goldman Sachs anticipe une croissance du PIB revue à la baisse, à seulement 1,0 % en 2025 (contre 1,5 % précédemment). Un ajustement lié à la fois aux données décevantes du premier trimestre (le PIB n’augmente que de 0,2 %) et aux tensions commerciales grandissantes.

Le taux de chômage, quant à lui, devrait grimper à 4,5 % d’ici la fin de l’année, traduisant une détérioration progressive du marché du travail. Ce niveau, bien que modéré historiquement, reflète une frilosité des entreprises face à un avenir incertain, alimentée par la multiplication des coûts et l’instabilité réglementaire.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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