Licenciement : Continental n’a pas trouvé LA solution pour enrayer sa chute

L’équipementier automobile allemand Continental traverse une période dès plus sombre. Suppressions d’emplois, fermetures d’usines, restructuration : la crise s’intensifie et le groupe peine à se stabiliser. Malgré des annonces stratégiques censées lui redonner de l’élan en août 2024, les résultats ne sont pas au rendez-vous.

Axelle Ker
Par Axelle Ker Publié le 19 février 2025 à 15h23
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Bilbao, Spain - July 1, 2023: Continental tire brand is official sponsor of the 2023 Tour de France - © Economie Matin
3 % Continental avait déjà annoncé son intention de réduire de 3 % ses effectifs totaux d'ici 2025.

Dans un communiqué publié mardi 18 février 2025, Continental, qui emploie pas moins de 200 000 personnes à travers le monde, a annoncé une nouvelle vague de licenciements massifs d'ici à 2026.

Continental va supprimer 3 000 nouveaux postes d'ici 2026

La crise chez Continental ne date pas d’hier, mais elle s’accélère à vitesse grand V. Après avoir annoncé le licenciement de plus de 7 000 de ses salariés en 2024, la fermeture de cinq usines en Allemagne (580 emplois), l'équipementier allemand vient d'annoncer son intention de supprimer 3 000 postes supplémentaires dans ses services de recherche et développement - qui emploient 31 000 personnes au total - et plus précisément, dans sa division freinage, capteurs et logiciel, d'ici à 2026.

Besoin d'adaptation aux transformations du secteur, hausse des coûts énergétiques, concurrence chinoise, stagnation du marché automobile européen et donc baisse des commandes des constructeurs automobiles... Le groupe allemand se voit contraint de réduire ses effectifs pour tenter de maintenir sa tête hors de l'eau.

Quid de la scission prévue par le groupe allemand ?

La direction y croyait dur comme fer. En août 2024, l’équipementier avait annoncé un plan ambitieux : scinder l’entreprise en deux entités distinctes avec d'un côté la division pneumatiques et plastiques (ContiTech) qui reste rentable et de l’autre, sa branche automobile, déficitaire, qui devait être introduite en Bourse pour attirer des investisseurs.

Le comité exécutif justifiait cette restructuration par la nécessité de concentrer les ressources sur les activités les plus rentables, tout en offrant une bouée de sauvetage à sa branche automobile. Mais au vu des dernières annonces de Continental, la scission de l’entreprise, prévue pour être achevée « dès la fin du troisième trimestre 2025 », pourrait ne pas réussir à enrayer sa chute. L’équipementier allemand n'est pas le seul à être sujet à cette mauvaise tendance. Michelin, fleuron français, a lui aussi, annoncé la fermeture de deux de ses usines historiques à Cholet, tout comme leur concurrent allemand Schaeffler (fermeture de sites de production et suppression de 4 700 postes).

Axelle Ker

Diplômée en sciences politiques et relations internationales, journaliste chez Économie Matin & Politique Matin.

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