Plusieurs cas de rougeole ont été identifiés chez des personnes ayant participé au Salon de l’agriculture à Paris. Cette situation a conduit les autorités sanitaires à renforcer la surveillance et à lancer des campagnes de vaccination ciblées, notamment en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Epidémie de rougeole : quels départements sont touchés ?

Depuis le 29 mars 2025, la rougeole, maladie virale que l’on croyait largement sous contrôle, fait un retour remarqué en France. Des cas ont été identifiés chez plusieurs personnes ayant fréquenté ou travaillé au Salon de l’agriculture, organisé à Paris du 22 février au 2 mars. Ce lien temporel et épidémiologique alimente désormais les investigations sanitaires, notamment en région Auvergne-Rhône-Alpes, où un cluster scolaire a été confirmé.
Un Salon devenu foyer de transmission de la rougeole
Le Salon de l’agriculture attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs venus de toute la France. Cette édition 2025 n’a pas échappé à la règle : plus de 600 000 personnes ont franchi les portes du Parc des expositions. Peu après, les autorités sanitaires ont commencé à recenser des cas de rougeole chez des individus présents à cet événement.
Selon le ministère de la Santé, cité par BFMTV, « les autorités sanitaires ont été informées de situations à risque de diffusion virale [...] chez des personnes ayant fréquenté ou travaillé au Salon de l’agriculture ». Les régions concernées sont l’Île-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes, la Normandie et l’Occitanie. Si les investigations se poursuivent, la concordance entre les dates de fréquentation du salon et l’apparition des premiers symptômes renforce la thèse d’une contamination durant l’événement.
Symptômes, prévention : les bons réflexes à adopter
La rougeole est une maladie hautement contagieuse, mais dans la grande majorité des cas, elle évolue sans gravité. Elle débute généralement par de la fièvre, accompagnée de fatigue, de toux, d’une rhinite, d’une conjonctivite et enfin d’une éruption cutanée. Ces symptômes sont bien connus des professionnels de santé et permettent un diagnostic rapide.
Selon le ministère de la Santé, la vaccination reste l’outil le plus sûr pour éviter les formes graves. Elle est recommandée en deux doses, administrées dès l’enfance. En cas de doute, un simple test sérologique permet de vérifier l’immunisation. Pour les jeunes adultes n’ayant pas reçu leurs deux doses, un rattrapage est proposé gratuitement.
Une hausse sensible des cas de rougeole en 2025
Si le terme “épidémie” n’est pas encore employé, la progression du nombre de cas est réelle. Entre le 1er janvier et le 14 mars 2025, 180 cas de rougeole ont été recensés, contre 83 sur la même période en 2024, selon Santé publique France.
Il n’est pas question de panique, mais de vigilance sanitaire, comme le rappelle régulièrement le ministère. L’enjeu n’est pas de multiplier les alertes, mais de prévenir les chaînes de transmission, surtout dans les milieux scolaires ou professionnels où la promiscuité favorise la circulation du virus.
Le cas d’école en Isère
C’est dans le lycée agricole de La Côte-Saint-André, en Isère, que le premier foyer groupé a été détecté. Selon Le Dauphiné Libéré, « au moins 13 cas de rougeole ont été identifiés. La contamination a débuté via une personne fréquentant le lycée agricole de La Côte-Saint-André. Elle aurait contracté le virus lors d’une sortie au Salon de l’agriculture ».
Cette situation a conduit l’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes à organiser une campagne de vaccination ciblée dès le 31 mars, notamment à destination des élèves et personnels des établissements concernés. Anne-Sophie Ronnaux-Baron, directrice de l’ARS, a déclaré à BFMTV : « Nous avions cette information que des cas circulaient au Salon de l’agriculture ».
Prévenir sans dramatiser
Le retour de la rougeole ne doit pas susciter d’inquiétude excessive, mais il impose un rappel clair des fondamentaux de santé publique. La France dispose d’un arsenal efficace : des vaccins gratuits, disponibles en pharmacie et en centre de santé, des tests sérologiques permettant de vérifier l’immunité, et des campagnes d’information coordonnées par les agences régionales.
« La rougeole n’est pas une maladie bénigne. Elle peut entraîner des complications graves, notamment chez les enfants non vaccinés », a rappelé Yannick Neuder, ministre délégué à la Santé.