Voitures thermiques : une étude allemande enterre les espoirs du e-carburant

Les espoirs placés dans le e-carburant semblent, petit à petit, s’amenuiser. D’après une étude allemande très sérieuse, cet objectif est aujourd’hui un mirage. En clair : les voitures thermiques ne pourront jamais rivaliser avec les électriques sur les émissions de CO₂.

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Par Cédric Bonnefoy Publié le 18 février 2025 à 15h30
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Voitures thermiques : une étude allemande enterre les espoirs du e-carburant - © Economie Matin
2035Une étude enterre le e-carburant : il ne serait pas une alternative crédible aux moteurs électriques.

Le e-carburant des voitures thermiques bientôt enterré

Alors que l'industrie automobile cherche des alternatives aux moteurs à combustion pour se conformer aux objectifs climatiques européens, une récente étude du Forum Ökologisch-Soziale Marktwirtschaft (FÖS), commandée par Climate Alliance Germany, met en lumière les limites des e-carburants pour les voitures thermiques. En s’appuyant sur des recherches menées par l’Allgemeiner Deutscher Automobil-Club (ADAC), le ministère allemand de l'Environnement, le Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research (Fraunhofer ISI) et l'Agence internationale de l’énergie (AIE), cette étude conclut que les e-carburants sont inefficaces et coûteux. Mais surtout, ils ne seront pas disponibles en quantité suffisante d’ici 2035 pour répondre aux besoins du secteur automobile.

Les chercheurs soulignent que les e-carburants sont bien plus énergivores que l’électromobilité, ce qui les rend peu pertinents pour un usage généralisé dans les voitures particulières. Selon les spécialistes, il faudrait l’équivalent de l’électricité produite par 150 éoliennes pour alimenter 240 000 voitures électriques, alors que cette même quantité d’énergie ne suffirait qu’à faire rouler 37 500 véhicules fonctionnant aux e-carburants.

Cette inefficacité énergétique pose un problème majeur dans un contexte où les ressources renouvelables sont limitées et doivent être optimisées pour maximiser la réduction des émissions de CO₂. De plus, les voitures électriques émettent entre 40 et 50 % de CO₂ en moins sur l’ensemble de leur cycle de vie par rapport aux véhicules alimentés par des e-carburants.

Un coût encore trop élevé

L’un des principaux obstacles à l’adoption des e-carburants dans le secteur automobile réside dans leur coût jugé excessif. La production de ces carburants synthétiques repose sur des procédés complexes nécessitant de grandes quantités d’électricité verte, ce qui entraîne des pertes énergétiques considérables. En conséquence, leur prix reste bien supérieur à celui des carburants fossiles traditionnels et de l’électricité utilisée pour recharger les véhicules électriques.

Alors que certains acteurs de l’industrie automobile plaident pour l’intégration des e-carburants comme alternative à l’interdiction des moteurs thermiques prévue en 2035, l’étude démontre que ces carburants ne constituent pas une solution viable pour le secteur automobile. Selon le FÖS, les ressources limitées en e-carburants devraient être réservées aux secteurs où l’électrification est difficile, comme l’aviation et le transport maritime, plutôt que d’être utilisées dans des voitures particulières.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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