L’exécutif a annoncé le 28 mars que le chèque énergie ne serait exceptionnellement versé qu’à partir du mois de novembre, au lieu du traditionnel mois d’avril. Cette décision, loin d’être anodine, a été motivée par l’adoption tardive de la loi de finances pour 2025, promulguée avec retard à la suite de la censure du gouvernement Barnier, comme l’a révélé le ministère de l’Économie dans un communiqué.
Chèque énergie : l’aide repoussée à novembre, les ménages dans l’attente

Chèque énergie : un versement décalé qui prolonge l’attente des bénéficiaires
Le chèque énergie, une aide aux dépenses énergétiques, concerne environ six millions de foyers aux revenus modestes. Il s’élève entre 48 et 277 euros par an, une somme certes modeste, mais nécessaire pour des ménages déjà exposés à la hausse du coût de l’énergie. En 2024, ce sont 5,7 millions de chèques qui ont été envoyés selon le ministère de l’Industrie et de l’Énergie.
Le report à novembre, justifié par le gouvernement comme une conséquence administrative, n’en demeure pas moins politiquement embarrassant. D’autant que les aides envoyées en 2025 seront valables exceptionnellement jusqu’au 31 mars 2027, preuve que l'État anticipe un délai long de traitement et d’utilisation. Mais au fond, pourquoi ce retard ? Parce que la loi de finances pour 2025 n’a été adoptée que mi-février, bien après le calendrier habituel. Une chronologie chaotique, symptôme d’un climat politique instable.
Chèque énergie : nouvelles modalités, mêmes critères… et toujours des trous dans la raquette
L’édition 2025 du chèque énergie apporte toutefois une nouveauté majeure, son mode d’attribution évolue. Fini les approximations liées à la taxe d’habitation désormais supprimée. Désormais, le chèque reposera sur deux critères : le numéro de Point de Livraison (PDL) du logement et le revenu fiscal du foyer titulaire du contrat d’électricité. Cette modification vise à garantir une meilleure fiabilité des attributions.
Le ministère assure vouloir « garantir un accès simplifié » et promet « une transition fluide vers ses nouvelles modalités d’attribution », peut-on lire dans Le Figaro. Pour renforcer cette automatisation, une liste centralisée des bénéficiaires est en cours d’élaboration, selon CNEWS. Mais les critères de revenus, eux, ne changent pas. Le plafond reste fixé à 11 000 euros de revenu fiscal de référence (RFR) pour une personne seule, 16 500 euros pour un couple, jusqu’à 23 100 euros pour un foyer avec deux enfants. Autrement dit, les seuils ne sont pas revalorisés, malgré l’inflation énergétique.
Un dispositif en crise : chèque non utilisé, guichet de rattrapage et dématérialisation en renfort
Le bilan 2024 met en lumière les failles structurelles du dispositif. Parmi les 5,5 millions de chèques envoyés automatiquement, près d’un million n’ont pas été utilisés. Une inefficacité chronique dénoncée par certaines associations, qui y voient un gaspillage administratif.
Face à cela, le gouvernement tente de sauver la face, il met en place un guichet de rattrapage, prolongé entre juillet et décembre 2024, qui a permis d’émettre 172 000 chèques supplémentaires pour les ménages « oubliés ». Une rustine sur un pneu crevé. L’exécutif promet aussi une dématérialisation du dispositif dès l’été 2025, avec un chèque énergie électronique disponible en ligne. Une annonce qui sonne comme une modernisation, mais qui interroge sur l’accessibilité pour les personnes âgées ou peu connectées.