Est-ce la fin de l’État actionnaire ? En tout cas, des députés macronistes s’interrogent. En cette période de cure d’austérité pour les comptes publics, ils proposent de se séparer d’actions pour combler le trou. Le sujet est en tout cas sur la table du budget 2025.
Budget 2025 : des députés veulent vendre les actions de l’État pour combler les déficits
Les actions de l’État dans le viseur du budget 2025
Face aux difficultés économiques et à la nécessité de faire des choix budgétaires difficiles, les députés se penchent sur diverses pistes pour combler le déficit de l'État. Parmi les solutions proposées, la vente de certaines participations de l'État semble être une option viable. En effet, la cession de 10 % des 180 milliards d'euros de participations permettrait de récupérer des fonds significatifs. Ces derniers sont estimés à plusieurs centaines de millions d'euros, sans avoir à augmenter les taxes ou créer de nouveaux impôts.
Parmi les entreprises citées comme potentiellement concernées par ces cessions figurent la Française des Jeux (FDJ), Orange et Stellantis. Ces groupes, bien que stratégiques, représentent des participations dont l’État pourrait, selon certains, se passer sans trop impacter ses intérêts essentiels. Au total, l'État détient des participations dans 85 entreprises, dont 71 non cotées, regroupées principalement dans les secteurs de l'énergie, de l'industrie, des services financiers et des transports. Parmi les entreprises les plus emblématiques où l'État conserve des parts importantes, on retrouve EDF, SNCF, Air France-KLM, mais aussi des groupes comme Safran, Airbus, ou encore Engie.
La valorisation totale de ce portefeuille, gérée par l'Agence des participations de l'État (APE), était de 179,5 milliards d'euros en juin 2024, en hausse par rapport aux 153 milliards d'euros de l'année précédente. Toutefois, la part de ce portefeuille exposée aux variations boursières reste limitée, à moins de 30 % du total.
Les dividendes en baisse, mais toujours stratégiques
Les députés estiment que certaines de ces participations ne servent plus à des fins stratégiques pour l'État. Ainsi, elles pourraient être cédées sans risque pour les intérêts nationaux. En vendant ces actifs, cela pourrait permettre d’alléger la pression sur les comptes publics et dégager des marges de manœuvre dans le cadre du budget 2025.
Bien que les cessions soient sur la table, les participations publiques dans ces entreprises continuent de générer des revenus importants pour l'État, notamment sous forme de dividendes. En 2023, ces dividendes se sont élevés à 2,3 milliards d'euros, malgré une baisse continue depuis 2012, principalement attribuable au secteur de l'énergie. Engie, par exemple, a versé 820 millions d'euros de dividendes à l'État en 2023.
Cependant, la Cour des comptes a averti que cette tendance à la baisse des dividendes pourrait se poursuivre, réduisant ainsi l'intérêt pour l'État de maintenir ces participations à long terme. Malgré cela, certains domaines stratégiques, comme l'énergie ou les transports, continuent d'être sécurisés par l'État actionnaire, garantissant ainsi un contrôle sur des infrastructures critiques. Les discussions sur le budget 2025 vont encore durer encore plusieurs jours.