Selon une étude de l’UFC-Que Choisir, plus de 9 consommateurs sur 10 consultent les avis en ligne avant de faire des achats. Mais les faux avis sont de plus en plus nombreux. Certaines marques payent pour obtenir de bons commentaires.
Avis en ligne : les faux commentaires représentent une majorité des avis

Les avis en ligne frauduleux sont en forte hausse
Les avis en ligne sont devenus un élément central dans la prise de décision des consommateurs. Selon une enquête de l'UFC-Que Choisir publiée le 20 février 2024, 94 % des Français consultent ces commentaires avant d’acheter un produit ou de choisir un service, et 70 % leur accordent leur confiance. Pourtant, un tiers des avis postés sur internet seraient faux ou présenteraient des anomalies, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Cette prolifération de commentaires truqués met en péril la fiabilité des plateformes et fausse la perception des consommateurs, au point d’alerter les autorités de régulation.
L’ampleur du phénomène s’explique par l’importance capitale des avis en ligne pour la réputation et la rentabilité des entreprises. Un produit ou un service noté en dessous de trois étoiles est souvent écarté par les acheteurs, ce qui incite certains commerçants à acheter des avis positifs. Des sites spécialisés proposent ainsi des commentaires élogieux contre rémunération, avec des tarifs variant selon la longueur du texte et sa crédibilité. Il est possible d’acquérir cinq avis Google pour 10 euros, tandis qu’un pack de 100 évaluations cinq étoiles coûte environ 129 euros. En parallèle, certaines agences d’e-réputation facturent jusqu’à 15 euros un faux commentaire sur mesure, destiné à renforcer artificiellement l’image d’une marque ou d’un établissement.
D’autres méthodes existent
Une autre méthode de truquage consiste à inciter directement les consommateurs à publier des avis positifs en échange de contreparties financières. Restaurants, boutiques en ligne et hôtels offrent parfois des réductions, des cadeaux ou des bons d’achat aux clients en échange d’une note avantageuse. Selon l’UFC-Que Choisir, 6 % des consommateurs interrogés ont déjà reçu une compensation en échange d’un avis favorable. Par ailleurs, certaines entreprises demandent à leurs propres employés de rédiger de faux avis ou de noyer les critiques négatives sous un flot de commentaires positifs.
Cette manipulation de l’opinion est pourtant illégale et constitue une pratique commerciale trompeuse sévèrement réprimée. La publication d’un faux avis peut être sanctionnée par une peine pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et une amende de 300 000 euros. Conscientes de la menace que ces pratiques représentent pour la confiance des consommateurs, certaines plateformes ont mis en place des dispositifs de modération pour tenter de limiter la diffusion de faux avis.