Faites-vous confiance à votre conseiller financier ? Avez-vous remarqué qu’il a souvent réponse à tout ?
Malgré tout, parfois leur discours mérite d’être écouté. C’est vrai lorsque l’on s’enferme, comme actuellement, dans des comportements très sécuritaires. L’épargnant français que vous êtes n’aime pas le risque ; depuis les dernières crises financières, vous faites preuve d’une frilosité extrême, voire excessive.
Les livrets d’épargne restent pleins, et les contrats d‘assurance-vie en euro continuent d’être alimentés par vos économies, malgré un loyer de l’argent en nette baisse. Car le taux de votre contrat en euro est passé, rappelez-vous, de 5% au début des années 2000 à 2% aujourd’hui. Et ce déclin n’est pas terminé. Certains observateurs s’inquiètent d’ailleurs : « Combien de temps encore les épargnants, rentiers ou non, vont-ils continuer (d’accepter) de se faire euthanasier ? », s’interrogeaient certains en début d’année. D’autres se demandent si le marché ne risque pas de se retourner. J’y viens plus loin.
Dopez votre patrimoine en prenant quelques risques
Les professionnels se mobilisent sous l’impulsion de l’AMF pour vous pousser vers les actions. Ma conseillère me révélait fin 2015 que cette autorité boursière l’invitait, elle et ses collègues, à informer ses clients sur l’intérêt d’un placement en actions aujourd’hui. Ce discours ainsi relayé est-il opportun ?
Sur un an (au 11 janvier dernier), la performance moyenne des fonds investis sur les valeurs françaises s’établit à 11%. Soit 15 fois plus que ce qu’a rapporté votre livret A. Face à de tels multiples, une prise de risque modérée se justifie. En revanche, ceux qui ont misé sur les valeurs brésiliennes à travers les OPCVM ont subi une belle déculottée : -47% sur un an… Il s’agit donc d’être sélectif, stratégique, et d’agir au bon moment. C’est la clé de la réussite. D’où la nécessité d’être bien informé.
Mutualisez les risques en passant par des OPCVM
Vous n’êtes pas un boursier averti ? Et vous n’avez pas un analyste performant qui sélectionne pour vous les valeurs à mettre dans votre PEA ou les fonds à intégrer dans votre assurance-vie ? Voici quelques conseils pratiques : Premier conseil, mutualisez les risques en misant sur des OPCVM, investis sur plusieurs dizaines de valeurs et gérés par un professionnel. Mais quels fonds choisir ?
C’est là en effet toute la question. Près de 11 500 fonds sont commercialisés actuellement en France. Il s’agit donc de faire un sérieux tri, en procédant par ordre. Votre portefeuille d’actions doit vous correspondre. Donc, première mission : définissez votre profil de risque et ajustez votre prise de risque à votre horizon de placement. Si celui-ci est long, vous pourrez miser sur des produits risqués avec un certain potentiel de gain. S’il est court, mieux vaut rester sur des fonds diversifiés ou flexibles.
La performance doit être étudiée sur diverses périodes. Si vous n’aimez pas le risque, évitez les fonds qui ont sous-performé en période de crise, comme 2008. Prenez aussi en compte le risque associé à cette performance. En la matière, la volatilité mesurant l’ampleur des variations de cours sur une période donnée, est un bon indicateur. Plus la volatilité est forte, plus les risques pris sont élevés, et plus l' « espoir » de gain est élevé. Là encore, si vous n’aimez pas le risque, sélectionnez les fonds ou catégories de fonds les moins volatiles.
Regardez sous le capot. Alors que les performances passées ne préjugent pas de l’avenir, vérifiez la solidité de l’équipe de gestion et de sa méthodologie. Assurez-vous que la composition du portefeuille correspond bien à la stratégie et aux objectifs avancés. Et privilégiez les sociétés de gestion les plus transparentes.
Restez très vigilant sur les frais
Détailler l’ensemble des frais liés à votre OPCVM est primordial : « Souvent les fonds situés dans le quartile le plus élevé en termes de frais, sont ceux qui se trouvent dans le quartile le plus bas en termes de performance » indique un professionnel. Les frais d’entrée et de sortie peuvent être négociables, surtout si vous souscrivez à un des fonds de votre banque. Ce n’est pas le cas des frais de gestion qui réduisent annuellement la performance nette de votre fonds ; ils ne doivent pas pour un fonds actions classique dépasser 2,4%.
S’il y a des commissions de surperformances, veillez à ce que celles-ci ne soient prélevées qu’à la condition que la sous-performance antérieure ait été comblée.
Que penser des marchés aujourd’hui ?
Je vous recommande la prudence. N’hésitez pas à accroître la part cash de votre portefeuille, nous entrons dans une zone à risque. Parfois, il vaut mieux rester sur la touche. A bon entendeur !
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