L'inflation peut-elle relancer les soldes ?

170 EUROS
En 2021, le budget pour les Soldes d'été était de 170 euros par
Français.

Les soldes d’été dureront jusqu'au mardi 19 juillet 2022 inclus, dans l'ensemble des départements métropolitains. Jusqu’ici plus ou moins boudés par les Français, la donne pourrait bien être différente pour cette édition. En effet, si nos  compatriotes sont noyés au milieu des promotions, des ventes privées et d’autres événements de nature similaire au point de ne plus distinguer le prix de référence, l’inflation a fait son grand retour.

Ainsi, l'habillement subit une hausse de ses prix depuis plusieurs mois, avec une inflation chiffrée à 4,3% en mai 2022 par rapport à l'an passé. Impacté par les fermetures administratives durant les confinements successifs liés à la crise sanitaire, ce secteur avait pourtant retrouvé des couleurs. Le voilà face à une flambée du coût des matières premières. Ce qui l’oblige notamment à revoir les méthodes de production pour ne pas répercuter les coûts sur le consommateur lorsque le coton, la laine ou encore le pétrole deviennent de moins en moins abordables. Par ailleurs, un mouvement se développe, encourageant à une consommation plus modérée de vêtements (occasions, braderie, seconde main, marketplaces) pour répondre aux enjeux climatiques et écologiques. Un véritable nœud gordien pour les commerçants !

Entre plaisir et nécessité

Fort heureusement si l’on peut dire, l’inflation va sans doute les aider cette fois à écouler leurs stocks dans la mesure où les Français sont particulièrement attentifs aux bonnes affaires en cette veille de prix cassés. Selon un sondage Ipsos/Logica Business Consulting pour le CNCC, 94% des personnes interrogées recherchent le bon plan. 66% veulent s’offrir des produits qu’ils ne pourraient pas se permettre d’acheter en temps normal. De plus, 1 Français sur 2 prévoit de se rendre dans les magasins dès le lancement des soldes. Enfin, 50% d’entre eux ont déjà commencé à repérer leurs articles !

Pour les commerçants, c’est bien entendu la seule période légale durant laquelle ils sont autorisés à vendre à perte, c’est-à-dire à un prix inférieur au prix d’achat. Non seulement la marchandise s’écoule mais les soldes ont aussi l’avantage de faire de la place pour la collection qui va suivre. Sans ces derniers, les produits marqués par une saisonnalité seraient tout simplement perdus. Mais attention, si les Français sont dans les starting-blocks, les commerçants devront frapper fort au niveau des remises dès les premiers jours, et donc si possible en  supprimant les périodes de démarques. Ce sera notamment une des solutions pour pouvoir se reconstituer une trésorerie, racheter une nouvelle collection en vue de l’hiver 2022 ou encore de se garantir un minimum de marge lorsque cela sera possible.

Créneaux d’ouverture

Par ailleurs, les soldes posent aussi l’hypothèse d’amplifier les horaires d’ouvertures. Plus précisément d’ouvrir le dimanche durant cette période. En effet, l’ouverture dominicale offre trois avantages : les investissements et/ou les coûts fixes sont plus vite rentabilisés s’ils s'étalent sur sept jours. Le public n’est pas le même qu’en semaine, notamment les touristes, les clients de passage ou les familles en promenade. La notion d’achats “plaisir” est plus émotionnelle qu’en semaine,  où l’aspect utilitaire l’emporte habituellement.

Digitaliser pour séduire

Enfin, les Français retrouveront le chemin de leurs commerces si les commerçants font un effort en matière de digitalisation, qui permet réellement de rendre les points de vente plus vivants. La nécessité de les rendre accessibles aux heures de fermetures pour consulter les produits ou services, les offres disponibles, le stock restant, n’est plus à démontrer. La crise COVID étant passée par là, de nombreux commerçants ont largement pu progresser en la matière… En d’autres termes, les soldes pourront fonctionner si face aux concurrents du e-commerce et des plateformes en ligne, le commerce de proximité renforce le conseil et l’accompagnement, pour faire de l’achat une véritable expérience et non plus un passage banal ou obligé.


A découvrir

Grégoire Leclercq

Grégoire Leclercq, 38 ans, (Saint Cyr, master en Droit Pénal, MBA d’HEC Paris) a rempli diverses fonctions de commandement au sein d’une unité de Gendarmerie de Montagne avant de rejoindre le monde civil comme directeur de la relation client chez EBP Informatique en 2010, puis Directeur général délégué en 2018. Engagé dans la défense du travail indépendant, auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, il est également membre du board de plusieurs startups dans le monde IT.