Les rideaux sont encore levés, les vitrines toujours décorées. Mais derrière l’apparente normalité, une enseigne familière du mobilier est en grande difficulté.
Casa France en redressement judiciaire : que va devenir l’enseigne ?

En redressement judiciaire depuis le 21 mars 2025, Casa France tente de sauver ses 143 boutiques. L’enseigne cherche un repreneur, et vite.
Casa France : une chaîne déstabilisée par la chute de sa sœur belge
Depuis le 5 mars 2025, Casa France marche sur un fil. La liquidation brutale de Casa Belgique a provoqué une réaction en chaîne. Fini l’accès aux services essentiels comme l’informatique de gestion ou la finance. Du jour au lendemain, la filiale française du groupe Casa Holding BV, présent dans huit pays européens, s’est retrouvée amputée d’un pilier vital.
Dans un communiqué, l’entreprise explique : « La filiale française du groupe Casa est contrainte d’engager cette démarche après la liquidation de Casa Belgique, qui assurait la logistique du groupe ainsi que des services essentiels ». Cette défaillance systémique a scellé le destin immédiat de l’enseigne : dépôt de bilan, et demande officielle de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Bobigny.
Avec 143 boutiques et 600 salariés sur le territoire, Casa France se retrouve désormais suspendue à une décision de justice. L’ouverture d’une période d’observation doit permettre à l’entreprise de continuer à fonctionner temporairement. Les magasins restent ouverts, les salaires sont payés. Mais sans repreneur, le compte à rebours est lancé.
D’après la direction, plusieurs candidats se sont déjà manifestés, issus de divers secteurs de la distribution. Objectif : reprendre certains magasins, voire l’ensemble du parc.
Meubles bradés, clients envolés : une stratégie à bout de souffle
Depuis son rachat en 2024 par AAS Retail AB, holding de l’homme d’affaires Ayad Al Saffar, Casa France avait pourtant tenté de corriger le tir. Économies internes, renouvellement de l’offre, déstockage massif : certains rayons affichaient -70 %. Mais ces efforts n’ont pas suffi à redresser une enseigne plombée par des marges négatives depuis 2016 et une dette importante.
La pandémie avait dopé les ventes d’ameublement, mais l’euphorie a été de courte durée. La crise inflationniste de 2022-2023 a inversé la tendance : les ménages ont réduit leurs dépenses non essentielles.
Face à elle, Casa France n’a pas eu le temps de respirer. Zara Home, Action, H&M Home, mais aussi les géants venus de Chine comme Temu ou Shein, ont inondé le marché avec des prix agressifs. Difficile de rivaliser quand on traîne un lourd passé financier.
À titre de comparaison, Habitat a fermé tous ses magasins fin 2023. Interiors a disparu en mai 2024. Stokomani et Maisons du Monde luttent pour ne pas subir le même sort. Même GiFi a dû négocier un sursis avec ses créanciers en janvier 2025.