« Vive la France ! », « Dieu bénisse la France », « Merci à la France », « Remercions la France toute puissante », « La France est un grand pays et le peuple français est un grand peuple ». Vu la ferveur des propos, on pourrait croire qu’ils datent de l’époque où nôtre pays était la première puissance du monde, époque malheureusement définitivement révolue et bien lointaine. A moins qu’ils soient dans la profession de foi ou le programme d’un parti politique qui serait pour le moins très patriote voir nationaliste.
Pas du tout, ces propos sont répétés à l’envi depuis vendredi sur les sites d’information d’Afrique francophone par les internautes dans leurs commentaires et il faut bien reconnaître que ces concerts de louanges sur notre Nation et notre armée font plaisir à voir. Bizarrement les commentaires des internautes, comme ceux des journalistes locaux, sont beaucoup plus modérés que ceux des commentateurs français autorisés, certains n’hésitant pas à écrire que « seule la France est capable de faire régner l’ordre en Afrique ».
Si la décision du Président de la République, dont je ne suis pas un partisan, d’engager nos forces au Mali a fait l’unanimité dans la classe politique française du Parti Socialiste au Front National, c’est parce que c’est une bonne décision. L’approbation générale de la communauté internationale, de Washington à Pékin malgré quelques bémols de ci de la, et de l’ensemble de l’Afrique prouve que dans la tragédie que vit le Mali depuis plusieurs mois, il fallait intervenir et que la France a raison.
La France a raison parce qu’on ne peut pas laisser se déliter au profit de ce qu’il faut bien appeler des « Talibans africains » un état ami ayant des liens historiques avec elle comme la communauté internationale ne peut pas tolérer la création d’un nouvel Afghanistan, un nouveau sanctuaire pour Al Qaïda, à trois heures d’avion de l’Europe. Le parallèle n’a rien de scandaleux ni d’outrancier puisque leur barbarie est telle qu’ils ont crû bon de détruire les mausolées de Tombouctou, patrimoine mondial de l’UNESCO, comme les talibans avaient détruit les joyaux qu’étaient les Bouddhas de Bamiyan.
La France a raison car il fallait frapper fort dans cette Afrique qui fût longtemps notre pré carré et qui est aujourd’hui le nouveau terrain de chasse des américains et des chinois qui veulent les ressources africaines sans avoir à en payer les contreparties. L’Afrique est en effet, hors l’Europe bien évidemment, la seule zone du monde dans laquelle la France joue encore un rôle majeur par le biais, notamment, de la francophonie, francophonie régulièrement moquée par nos « élites » souvent plus anglomanes que francophiles.