Sans modération

Après peut-être quelques excès lors des fêtes de fin d’année, le mois de janvier se caractérise habituellement par la sobriété, avec ses fameuses bonnes résolutions ou le défi du dry january. Cette année, en revanche, il en est tout autre de l’autre côté de l’Atlantique.

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Par Clément Inbona Publié le 15 janvier 2025 à 4h30

A quelques jours de l’investiture de Donald Trump, qui se tiendra le 20 janvier sur les marches du Capitole à Washington, plusieurs excès jalonnent déjà le parcours de l’administration Trump 2.0.

Côté diplomatique, les saillies de Donald Trump sur le Mexique, le Canada ou le Groenland, ainsi que les ingérences répétées d’Elon Musk dans la politique allemande ou britannique laissent penser que les alliés ou les partenaires historiques des Etats-Unis connaîtront des relations plus troublées dans le quadriennat à venir. Plus inquiétant encore, la souveraineté territoriale et l’autodétermination ne sont plus des sanctuaires pour l’Oncle Sam. Une révolution qui pourrait, à terme, inspirer des ambitions régionales plus étendues aux autres grandes puissances. On pense naturellement à la Chine avec Taïwan.

Au niveau démocratique, l’assouplissement de la modération des réseaux sociaux sur Facebook ou Instagram illustre l’entrée dans une ère de post-vérité. Les vannes de la désinformation, des fakes news, des deepfakes et des théories du complot sont désormais pleinement ouvertes aux Etats-Unis, et continueront de mettre à mal les garde-fous démocratiques.

Sur le plan économique, Elon Musk fait flotter un parfum de K.O. sur l’administration américaine. Avec pour objectif de la rendre plus efficiente en sabrant dans la dépense publique, Elon Musk ambitionne ainsi de réduire le budget fédéral de 1 000 à 2 000 milliards de dollars, soit entre 15 et 30% du budget actuel. Y parvenir sans mettre sur le carreau un grand nombre de fonctionnaires et sans couper drastiquement dans les commandes publiques paraît improbable. Si les conséquences à moyen terme pourraient être positives en matière de déficit et de trajectoire d’endettement, un tel choc sur l’emploi et la demande publique risque de malmener la croissance américaine à plus court terme. De son côté, Donal Trump reste encore évasif sur l’ampleur et le spectre des taxes douanières qui seront rapidement instaurées après son investiture.

Autant d’excès et d’incertitudes qui rendent les 4 années à venir peu lisibles à de nombreux niveaux, dont les tendances boursières. Mais le premier mandat Trump fournit un premier éclairage : mieux vaut s’en tenir aux décisions effectives et éviter de prendre au pied de la lettre les effets de manches de la future administration américaine.

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Diplômé d’un Master Ingénierie Economique et Financière de l’Université Paris-Dauphine, Clément a démarré sa carrière chez KBL Richelieu. Dans le groupe Primonial depuis octobre 2010, il a été d'abord gérant-analyste de l’équipe de gestion quantitative puis gérant-analyste dans l'équipe de gestion discrétionnaire à partir de 2013. Il intègre les équipes de gestion collective de La Financière de l’Echiquier en 2018 comme gérant des fonds d’allocation.

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